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[RP] Aller contre sa nature [Ewan]

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Virginie Parish

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MessageSujet: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Dim 25 Déc 2011 - 16:35

20 mars 18h00

Personne n’aurait put suivre son rythme. Dans cet emploi-du-temps sans fin, que suivait mademoiselle Parish, il n’y avait pour ainsi dire aucune pause. C’était exactement ce dont elle avait besoin. Sans la douceur de son caractère, on lui aurait probablement conseillé de rejoindre un camp militaire, où son énergie aurait été utilisée. Cela s’avérait encore plus vrai depuis qu’ils étaient revenus d’Arizona. Cette mission de sauvetage, en plus de bousculer –beaucoup- des convictions de la jeune fille, lui avait ouvert les yeux… sur certaines choses.

Quand elle était arrivée à l’institut elle avait refusé de pratiquer un sport de combat. On avait déjà essayé de la former au karaté dans son enfance… rien de concluant n’en était sorti. Virginie ne voulait pas se battre. Virginie n’aimait ni la violence ni la compétition. Mais il y avait quelque chose que Virginie voulait encore moins : c’était voir les gens qu’elle aimait souffrir. Par la force des choses son opinion avait évolué. Elle avait comprit, que sa mutation, lui offrait l’opportunité de défendre sa vie et surtout celle des autres.

Alors au lieu d’apprendre le Taekwondo, dont le style l’attirait, elle s’était inscrite au cours de Viet Vo Dao de la ville. Ce qui en définitif, n’était pas un mauvais choix, au regard des principes de cet art martial. Le premier but était textuellement ce que la demoiselle essayait déjà de faire. « Tâcher d’atteindre le plus haut niveau de l’art martial afin de servir l’humanité.» Il ne s’agissait pas uniquement d’apprendre à se battre mais bien d’apprendre à être une personne honorable. Elle portait son võ phục au cours de deux séances hebdomadaires de trois heures.

Au manoir elle pouvait ce concentrer sur le travail individuel avec ce que son professeur appelait les Quyen. Le problème principal de Virginie était sa retenue. Elle se contrôlait tant que ses muscles de devenaient raides. La souplesse naturelle de son corps disparaissait tant elle avait peur de faire mal. Heureusement il existait à l’Institut des personnes capables de comprendre le problème. L’un de ses enseignants avait trouvé un camarade qui aimait les arts martiaux et qui (aubaine) pouvait transformer son corps en métal.

Ainsi, depuis environs trois semaines, ils se retrouvaient le mardi et le vendredi pour travailler la technique de Virginie. La pratique de la danse lui offrait une dextérité et une rigueur de départ qui était à leur avantage. Elle pouvait, répéter le même mouvement sans rechigner, jusqu’à ce qu’il soit parfait. Mais cette assiduité manquait de hargne. Le mutant essayait d’éveiller ce sentiment chez elle en lui rappelant pourquoi elle était là. Mais Virginie était imperturbable. La flamme qui l’habitait était nourrie par le devoir.

L’IA enregistrait ces séances depuis le début. A chaque fois que les élèves s’arrêtaient elle faisait une analyse concrète des défauts révélés pendant l’exercice. Le constat était direct. Mademoiselle Parish était trop scolaire. Elle n’arrivait pas à retrouver la même liberté que pour danser. Son partenaire s’était éloigné avec un sourire encourageant. Elle était restée dans la salle des dangers un moment pour réfléchir. Quelque chose bloquait. Samantha avait mit la playliste automatique assignée au numéro d'identification de la pensionnaire. La musique amenait un petit sourire sur les lèvres de la jeune femme. Elle n’avait aucune envie d’apprendre à se battre dans le fond.

-« Plus fort s’il te plait. »

Ses pieds se mettaient naturellement à bouger. Elle n’allait plus au cours de monsieur Peterson. Mais chaque mélodie éveillait dans ses muscles l’envie de danser. Il n’y avait plus de chorégraphie. Il n’y avait rien qu’un corps en mouvement. La silhouette de Virginie se séparait peu à peu de sa carapace. Les gestes un peu plus tôt rigides, étaient aussi fluides, que l’eau. La symbiose s’arrêtait brutalement dés l’instant où son esprit perçu la présence d’Ewan.

Les yeux bleus changeaient instantanément d’éclat. Quelque chose de moins habité, de plus apaisé se posait sur lui. Il s’était décidé !

-« Ewan ! Tu es venu ! »

Le tracas concernant le sport s’éclipsait. Virginie avançait vers lui d’un pas délicat le sourire aux lèvres. Elle le dévisageait avec amabilité. Elle scrutait ce visage mouvant pour y chercher les petites fantaisies. Cette surprise lui faisait réellement plaisir.

-« Tu t’installes à l’Institut ? Ci c’est ça… je te préviens tu n’échapperas pas à notre atelier cuisine. Comment vas-tu ? Raconte ! »

Quand Virginie était prise par le feu de la danse c’était pire qu’un verre de vodka. Ses inhibitions se dissipaient un peu. Elle était plus spontanée et montrait encore plus ses émotions. La musique continuait de flotter dans la salle donnant quelque chose d’étrange à cette rencontre fortuite.
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Ewan Ramsay

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Dim 25 Déc 2011 - 17:16

Ewan Ramsay avait disparu de la rue. Et, à vrai dire, personne ne se rendait vraiment compte. D’abord, personne ne savait exactement ce à quoi il pouvait bien ressembler. Si toutes les personnes qui l’avaient croisé ces dernières années avaient décrit l’individu, il y aurait eu une dizaine de portraits différents. Et puis, surtout, tout le monde s’en fichait : des gens disparaissaient tous les jours.

Le jeune homme avait récupéré ses « affaires » dans un quelconque squat des banlieues londoniennes : quelques vêtements, un lecteur mp3 hors d’âge, deux livres, une trousse de toilettes dépareillée. Un peu de maquillage, pour achever ses transformations, quand son pouvoir ne suffisait pas. Et du « matériel ».

Son « matériel » comportait ses possessions les plus précieuses. Une trousse pour forcer les serrures mécaniques, un petit appareil pour forcer les serrures électroniques, des jumelles, un revolver, quelques munitions, des crampons, des cordes, tout un équipement d’escalade urbaine. Ce genre de choses. Ce n’était pas vraiment la panoplie du parfait petit élève, mais il y tenait.

Puis il s’était rendu à l’Institut. Pour la cinquième fois. La première fois, il avait visité — étroitement surveillé par le majordome. Il avait tenté de s’introduire discrètement et son essai n’avait pas été très fructueux. D’une certaine manière, cela le rassurait un peu. Puis il était revenu, il avait hésité, il avait parlé aux professeurs, il avait parlé à la Directrice (qui n’était pas très chaleureuse), il avait fait son choix.

Ewan avait disparu de la rue ; il avait emménagé à l’Institut. L’idée de prévenir Virginie et Koji de son changement d’existence ne lui avait même pas traversé l’esprit. Ce n’était pas par mépris, ni vraiment par indifférence : simplement, il n’avait pas l’habitude que des gens pussent penser à lui, se tenir au courant de ses agissements, faire attention. L’adaptation était encore un peu difficile.

Donc, il vagabondait dans l’Institut et se faisait peu à peu à la vie en société. Il ne passait pas exactement inaperçu, sans aucun doute. Les trois quarts des filles et une partie des garçons se retournaient systématiquement sur son passage ou l’observaient de loin dans une sorte d’état second peu propice à la réflexion. Ewan, lui, ne se rendait pas trop compte : il était beaucoup trop occupé à explorer les lieux.

Il commençait très vaguement à songer qu’il lui faudrait inévitablement trouver un travail, comme n’importe quel jeune homme de son âge et, de temps à autre, il sortait de l’Institut et arpentait les rues, à la recherche de petites annonces pour lesquelles on ne lui demanderait ni diplômes, ni antécédents. Il avait envie de changer de vie. Cambrioleur n’était pas un métier très tranquille.

Bref, tout allait plutôt bien. Il dormait dans une chambre qui lui faisait l’effet d’une suite luxe, discutait avec des gens autrement plus sain d’esprit que les personnes qu’il avait l’habitude de fréquenter, pouvait s’endormir tranquillement le soir sans se demander s’il retrouverait ces chaussures en se réveillant le lendemain matin — le lendemain midi, pardon.

Et ! Il avait même trouvé un emploi. Dans un salon de thé. Son absence de qualifications avait été largement compensée, aux yeux de la directrice, par ses arguments plus… matériels. Ewan n’était pas spécialement réjoui à l’idée d’avoir été engagé sur la seule fois de son joli minois, mais il n’était guère en position de faire la fine bouche. C’était un bon début et l’avenir lui réserverait sans doute de meilleure opportunité.

Et puis, il y avait les entraînements. Evidemment, son pouvoir ne se prêtant pas à l’entraînement à proprement parler, les professeurs de l’Institut l’avaient incité à consolider ses capacités annexes. Jamais Ewan n’eût cru que des adultes responsables l’encourageraient un jour à pratiquer son crochetage de serrure ou ses techniques d’escalade de building.

Deux semaines bien chargées — une toute nouvelle vie à maîtriser. Et Ewan rayonnait. Ce soir-là, il rayonnait du côté de l’infirmerie, où il venait de participer à une formation de secourisme fondamentale. Il était donc en théorie capable de ranimer quelqu’un qui vînt de faire un malaise. Une compétence théorique qu’il n’était nullement pressé d’avoir l’occasion de mettre en pratique.

Quoiqu’en regardant certains et certaines de ses camarades de classe, une envie soudaine de pratiquer la respiration artificielle lui venait… Bref ! Une musique se répandait jusqu’à l’infirmerie : c’était le moyen le plus sûr d’attirer Ewan. Comme il n’avait rien de particulier à faire (et n’avait jamais rien de particulier à faire), il suivit la piste et atterrit dans la salle d’entraînement…

…pour un étrange spectacle. Il se fit très discret, comme il savait l’être. Et observa Virginie. Si la révélation que la jeune femme était un bulldozer ambulant avait quelque peu perturbé l’idée qu’il s’était d’abord faite d’elle, la contemplation de ses mouvements de danse le rassurait considérablement : c’était exactement le genre d’activités qu’il lui eût supposées.

Il attendit sagement que les yeux de Maman-Papa Virginie vinssent se poser sur lui, soucieux de ne pas la déranger dans ce petit moment de plaisir qu’il ne comprenait que trop bien et, quand elle le salua, il lui adressa le sourire radieux pour lequel l’ensemble des élèves de la formation secourisme se seraient battus à mort, comme s’il l’avait vue la veille.


« Salut ! »

Oui. C’était tout ce qu’il trouvait à dire. Ils s’étaient vus la dernière fois en cavale dans une planque du Contrepoison, il se retrouvait plus d’une dizaine de jours plus tard dans la salle d’entraînement du Nouvel Institut et Ewan ne jugeait pas que cela méritât beaucoup plus d’explications.

Et, fort heureusement, Virginie était d’assez bonne composition pour ne pas lui en tenir rigueur.


« Ben oui. »

Décidément, il n’avait pas l’air décidé à considérer la chose comme un grand événement.

« Alors, euh… Ca va… »

Il réfléchit. Qu’avait-il à raconter ? Plein de choses ! Toute sa nouvelle vie ! Ce fut donc cette somme immense d’informations qu’il décida de convoyer dans les termes :

« J’sors d’une formation secourisme. Mais j’suppose que t’es pas prête d’faire une crise cardiaque. Enfin, heureusement, hein, d’ailleurs. J’voudrais pas… ‘Fin bref. Donc. Voilà. Mais par contre, j’sais pas cuisiner. J’ai pas d’ateliers cuisine dans mon emploi du temps. J’crois pas. »
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Virginie Parish

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Lun 26 Déc 2011 - 14:25

Elle avait demandé des nouvelles, de lui, du Passager. Tony s’était montré hermétique à tous ses arguments. Qu’en à utiliser le réseau de la résistance elle n’avait même pas essayé. Le Contrepoison n’était pas un réseau social. Alors la mutante c’était dit qu’Ewan n’avait peut-être pas envi d’être retrouvé. Beaucoup de mutants vivaient dans l’ombre. Parfois au plus grand désarroi de cette blondinette. C’était un peu de sa faute si elle ne s’était pas rendu compte que le jeune homme habitait ici depuis plusieurs jours.

-« Alors est-ce que tu aimes le manoir ? Il est beau pas vrai ?»

A son avis le style aristocratique de la bâtisse participait un peu au mythe de l’Institut. Virginie avait vécu dans un appartement plutôt minable qui partait en lambeaux. Ici tout était solide, moderne et sain. On s’y habituait vite ! La jeunesse investissait chaque recoin de ce lieu. S’il n’y avait pas eu les cours ça aurait été la plus classe des auberges de jeunesse pour mutant. Mais ce qui convainquait la plus part des pensionnaires c’était la sécurité mise en place sur cette propriété. L’Angleterre ne s’en prendrait jamais à l’Institut.

-« Ah oui. Je l’ai eu aussi. Il nous forme à tout. C’est bien parce qu’une fois sur le terrain... » La phrase restait en suspend comme si la suite n’avait finalement pas d’intérêt. Virginie n’avait aucune envie de revenir sur les missions suicides et autres « joies » de leurs formations. Avec un peu de chance il n’y en aurait pas de si tôt. Elle préférait attraper sa bouteille d’eau et s’assoir sur un banc. -« Pas de souci. Olga est la meilleure des profs. Je te la présenterai si tu veux ? D’ailleurs on a fait les sablés… jeudi je crois. C’était pas mal. La prochaine tournée sera parfaite. »

Certes Olga était la cuisinière en cheffe. Elle ne donnait pas à proprement parlé des leçons de cuisine. Virginie avait eu droit à un petit traitement de faveur dont elle n’avait pas conscience. Elle buvait quelques gorgées d’eau aromatisée. Le goût de la fraise était plus intense qu’à l’ordinaire ce qui lui fit froncer les sourcils de stupéfaction. Elle vérifiait, la marque de la bouteille, par acquit de conscience. Mais en général, Virginie ne changeait pas de produits, quand elle était satisfaite. Un petit haussement d’épaule fut sa seule conclusion personnelle.

-« Qu’est-ce que tu allais faire ? »

Qu’est-ce qu’on pouvait faire à cette heure là dans le Nouvel Institut ? Virginie, envisageait –par exemple- de ranger sa chambre, avant l’arriver de Luc. Bien qu’un œil extérieur aurait déclaré l’endroit parfaitement en ordre. Le besoin de ranger c’était malicieusement installé dans l’esprit de la mutante. Elle n’avait jamais adoré faire des tâches ménagères. Mais, depuis quelques temps, c’était presque devenu une obsession. Le désordre la rendait nerveuse. Le chaos perturbait ses pensées et faisait ressurgir des sensations désagréables. C’était une nouvelle phobie qui se révélait. Parish était tellement habituée à en avoir qu’elle ne cherchait pas à la combattre.

La salle des dangers fut brutalement illuminée. La musique se stoppait net. Un groupe d’élève entraient en discutant gaiment. C’était, les membres du club de sport -club auquel la demoiselle était inscrite depuis septembre-, qui venaient faire une partie de basket. Chris Clark en était tacitement le leader. Il s’occupait de créer le terrain via la plateforme. Virginie se relevait vivement pour s’éclipser avant d’être vue…

-« Parish tu joue ? »

La jeune fille restait en suspend, la main sur la bretelle de son sac prête à disparaître. Chris avait un certain don pour l’embêter. Oui c’était bien le mot. Il trouvait toujours un moyen de l’agacer avec ses petites piques et son air arrogant. Elle n’aimait pas jouer contre lui et encore moins avec lui.

-« Je n’ai pas envie. »

De toute façon Virginie ne savait pas mentir. Heureusement elle eu le dos tourné quand le super mutant la gratifiait de son petit sourire plein d’assurance. Ce genre d’expression la mettait encore plus mal à l’aise. Il s’en était rendu compte et il en profitait ! Ce qui rappelait la première année de lycée, à Virginie, qui n’avait pas été la période le plus heureuse de sa vie. Elle se dirigeait vers la sortie et attendait, de voir si Ewan voulait venir, avant de pousser la porte.
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Ewan Ramsay

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Lun 26 Déc 2011 - 14:57

Ewan ne fut même pas surpris quand Virginie s’abstint de lui reprocher de les avoir pas prévenus. Il avait agi en toute bonne foi. Peut-être, s’il avait croisé Koji à la place de la jeune femme et s’il avait dû affronter son regard noir, quelque chose au fond de son cerveau se serait rappelé des convenances sociales, du concept de « donner des nouvelles ». Mais Virginie était beaucoup trop angélique pour éveiller ce genre de culpabilité.

Ce qui inquiétait Ewan, dans toutes ces formations « pour le terrain », n’était pas tant la perspective des missions elles-mêmes que celle de devoir y collaborer avec d’autres personnes. Prendre des risques, faire des choses folles et dangereuses, se battre et violer la loi, il en avait l’habitude : c’était comme cela qu’il survivait depuis quelque temps. Mais jamais il n’avait été accompagné, jamais il n’avait eu à veiller sur quelqu’un ni à placer sa confiance dans une tierce personne, et tout cela lui semblait être beaucoup plus de responsabilités qu’il n’était vraiment prêt à en assumer.

Il se demandait combien de ce genre d’entreprises Virginie avait déjà menées à bien. Il devinait instinctivement, à l’entendre parler, et à en juger par son comportement lors de leur première rencontre, qu’elle n’en était pas exactement à son coup d’essai. Et il supposait aussi que le pouvoir de la jeune femme en faisait un garde du corps de choix. Peut-être avait-elle quelques judicieux conseils à donner ?

Mais, pour l’heure, le jeune homme n’avait aucune envie de se préoccuper d’aventures rocambolesques : le repos qu’il goûtait à l’Institut pour la première fois depuis longtemps n’avait pas encore réussi à le lasser et, entraînements mis à part, il était ravi de pouvoir goûter à un peu de tranquillité. Et puis, ce n’était pas exactement comme s’il pouvait craindre de s’empâter.

Cela dit, il n’avait pas non plus envie d’apprendre à cuisiner. Il ne savait pas cuisiner et c’était très bien comme ça : il y avait assez de fast-foods dans le monde pour que cette préoccupation fût superflue. Et il y avait bien sûr le self de l’Institut, où Ewan redécouvrait des choses aussi étranges que les choux-fleurs ou les brocolis. Avec une joie tempérée.


« Ben, euh… J’viendrai p’t’être faire un tour, oui… »

Ce qui, bien entendu signifiait « non ». Il se voyait très mal avec un tablier et une coque en train de soigneusement préparer des petits sablés. Ce n’était pas une question de fierté virile ou de machisme (il eût été très mal placé pour cela), mais simplement, tout cela semblait exigeait beaucoup trop de patience. Il y avait tellement de choses plus intéressantes à faire ! Manger les sablés déjà préparés, par exemple.

A la question de son amie — parce que c’était son amie ! il avait une amie ! mais oui ! — Ewan haussa les épaules. Comme à son habitude, il n’avait aucun projet précis et se contentait de se laisser porter par les événements.


« J’sais pas… Manger, d’abord. Et puis, euh, y a un film bien à la télé, j’crois. Ou sinon, y a une fille, Eve je crois, qui m’a demandé d’l’aide pour ses devoirs. J’sais pas trop pourquoi, remarque. Elle doit s’imaginer qu’j’suis doué en maths. Mais bon. »

Ses propos trahissaient une grande naïveté qui lui allait comme un gant. Il n’avait pas réfléchi sur les motivations secrètes d’Eve et s’était contenté, un peu bêtement, de s’étonner de la proposition. De toute façon, il ne réfléchissait pas beaucoup sur ce qui lui arrivait, en règle générale. Les gens étaient beaucoup trop bizarres à son goût pour essayer de les comprendre.

Ewan manqua de sursauter quand la salle d’entraînement commença à changer. Il y avait déjà été une ou deux fois, mais pour un jeune homme habitué à vivre dans des squats sans électricité, l’équipement de l’Institut n’en laissait pas de se montrer surprenant et un peu fascinant. Il reprit sa contenance et reporta son attention sur la conversation en cours.

Et si Ewan n’était pas très doué pour les concepts, les grands discours et les méditations métaphysiques, il était en revanche imbattable en matière d’instinct (à part peut-être par la fille de quinze ans avec des oreilles de chat qu’il avait croisée l’autre jour). La psychologie des gens était un petit mystère, mais il percevait inconsciemment les tensions, les tentatives d’intimidation, la violence latente. Question de survie.

Alors, sous le portrait de Chris Clark, dans son esprit, le mot « méchant » vint automatiquement s’inscrire. Ewan en était d’ailleurs ravi : les ennemis de ses amis étaient ses ennemis. Donc il avait des amis ! Décidément, c’était grisant. Bref, il s’approcha de Virginie et l’enveloppa d’une espèce d’assurance effrontée qu’il destinait spécifiquement au nouveau venu.

Il y avait quelque chose comme un avertissement, « embête pas la jeune fille », très différent de la protection froide de Koji, une sorte d’assurance vive, parfaitement inconsidérée, mais tout aussi efficace.


« De toute façon, on va manger, Virginie et moi. »

Ewan asséna à Chris Clark un sourire plus insolent encore que celui du jeune homme — le cambrioleur ne manquait pas vraiment d’expérience dans le domaine. Des mois passés dans la rue, les bars douteux et les bâtiments délabrés suffisaient amplement pour apprendre à gérer les beaux gosses du lycée local. Et bien sûr, Ewan n’avait pas songé que le beau gosse en question était peut-être tout à fait capable de le faire frire sur place.

Il prit la main de Virginie et l’attira hors de la salle d’entraînement.


« Mignons le basketteur. Mignon, mais un peu con. »

Il lâcha la main de Virginie et lui adressa un sourire radieux.

« Bon, euh… J’ai faim pour de vrai, n’empêche. Mais, à près ton entraînement, tu veux p’t’être aller prendre une douche. Pas avec moi, hein. »

Enfin, cela dit, il n’y eût pas vu d’objection. Ca, c’était ce qu’il se disait en théorie — en pratique, il eût été proprement paniqué et eût tenté de s’enfuir par la fenêtre la plus proche. Cela dit, c’était une pure remarque sans incidence et il pensait pas à mal (comme à son ordinaire).

« J’peux t’attendre, si tu veux. Enfin si tu n’as rien de mieux à faire, hein, bien sûr. J’veux pas m’imposer. Mais ce soir, il y a des cottes de blette au self. J’sais pas ce que c’est, mais c’est sans doute vachement bon. »

Le pauvre innocent ne se doutait pas de la sinistre signification de ce menu.
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Virginie Parish

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Lun 26 Déc 2011 - 17:25

Virginie apprenait les codes de sa génération au fur et à mesure. Léa l’aidait, à ouvrir les yeux, quand sa naïveté l’empêchait de voir clair. Alors maintenant Virginie avait bien comprit qu’un « peut-être » n’était pas un presque oui, mais un presque non. Elle était toujours déçue, mais moins surprise, et prenait les refus avec plus de philosophie. Ici quand on lui disait « non », ça ne voulait pas dire, que c’était non pour tout. La vie à l’Institut était bien plus bénéfique que certains canadiens aimaient à le croire.

-« Je t’avais déjà ajouté aux goûteurs. Au cas où… »

Un rien de malice brillait dans ses yeux bleus. Elle était heureuse que son intuition ait été bonne pour cette fois-ci. Elle était impatiente d’annoncer la nouvelle à Koji ! Il n’allait pas en revenir. Pour une fois elle n’avait pas été trop optimiste et cela faisait du bien. Car Virginie conseillait cet endroit à tous les jeunes mutants qu’elle croisait. Etant secrétaire de la Liberty Corp, elle en croisait souvent, des jeunes mutants.

-« Oh oui je vois qui c’est Eve. Elle est sympa… et jolie.»

C’était au tour de la londonienne d’analyser et surtout d’interpréter les informations. Si elle n’avait jamais sut employer ces méthodes de rapprochement elle en connaissait la redoutable efficacité. Son sourire était teinté de bienveillance, car il n’y avait pas que dans les planques sous les toits que Virginie veillait sur les garçons. Elle était même intimement convaincue qu’une histoire d’amour était l’une des plus belles expériences au monde.

-« C’est quel film ? Toute façon il y a toujours quelqu’un pour l’enregistrer au pire. »

Ce qui était un encouragement tacite à suivre la deuxième idée du jeune homme. Virginie ne pouvait pas s’empêcher de donner des coups de pouce à des cupidons hypothétiques. Elle du rapidement se concentrer sur elle-même et ranger ses affaires en vitesse. Chris était comme ça exclusivement en l’absence de Luc, ce qu’elle trouvait vraiment… fourbe. Mais c’était sans prévoir que son nouvel ami était aussi protecteur qu’elle. Elle approuvait spontanément le plan de secours avec un air un peu plus sûr.

-« Voilà. On va manger. »

Chris semblait se demander quel comportement adopter face à ce tandem imprévu. Il assénait un regard menaçant au Passager mais n’insistait pas pour le moment. Il allait se renseigner sur la mutation de ce zozo. Le sportif n’était pas assez belliqueux pour mettre son joli minois en danger. Si Virginie n’avait pas été Virginie jamais il n’aurait osé la taquiner comme ça. Ses yeux bruns glissaient sur les deux mains jointes des jeunes gens. Malgré la distance et la porte la blondinette eu le temps d’entendre une remarque dont seul ce gars pouvait être l’auteur.

-« Il a été vite remplacé le français. »

Heureusement Ewan accaparait si vite son attention qu’elle n’eu pas le temps de s’y attarder. Elle hochait vigoureusement du menton et se détendait immédiatement en entendant les équipes se former de l’autre côté du mur.

-« Merci du coup de main Ewan. » Elle l’écoutait et se permit un petit rire en objectant. -« Oui peut-être une rapide. »

Virginie n’avait pas besoin de relever qu’en effet elle prenait ses douches toute seule. Elle prenait toujours ses douches toute seules. Elle savait qu’elle n’était pas disgracieuse. La danse le lui avait prouvé. Mais sa pudeur était à l’égal de sa timidité. Il n’y avait que … trois personnes sur cette terre qui avait du la voir nue à ce jour. Elle voulait lui proposer de manger effectivement ensemble.

-« Je suis d’accord. Oui. On se retrouve devant la salle à manger ? Dans 20 minutes ça fait pas trop long ? »

Pour ce soir la mutante était décidée à profiter des imprévus. Ça changerait un peu. Et puis elle était curieuse. Le sourire aux lèvres Virginie filait dans le couloir pour rejoindre l’escalier et retrouver sa chambre. Elle se débarrassait de sa tenue et la rangeait avec un certain respect. Le sarcasme de Chris lui faisait encore plus penser au nantais. Il lui manquait. Il n’y avait pas de message sur son cellulaire. Luc ne lui en envoyait pas souvent de toute façon. Elle commençait à s’y habituer même si ça l’éloignait un peu plus.

Elle se présentait juste en face d’Ewan 18 minutes plus tard alors que l’odeur du lilas était encore toute fraîche. Ses chaussures ressemblaient plus à des chaussons de danse qu’à des sandales. Elle portait l’une de ses robes aux motifs fleuris, un peu fleur bleue. Et avec entrain elle rejoignait la queue tout en reprenant la conversation.

-« Est-ce que tu vas aller à l’émission de Gloria Whalen ?» C’était le dernier sujet en vogue dans le manoir. Virginie amassait sur son plateau l’équivalant de deux diners. La cuisinière ne fit aucune remarque et lui adressa même un sourire un peu plus sincère. -« On est pas mal du niveau à y aller. »

A cette heure le réfectoire était bien rempli. On assistait à l’échiquier classique d’une petite faculté si ce n’est le mélange des âges et la spécificité des jeunes. Virginie ne regardait pas dans la direction des filles mais plus des tables de solitaires où elle se sentait plus à l’aise. Gaël n’était toujours pas dans les parages ce qui provoquait une petite moue. Son regard s’attardait une seconde sur Artie et s’habillait de tristesse. L’agitation ambiante ne permettait pas plus. Ses mains se saisissaient fermant du plateau.

-« Tu as raison je crois qu'on va se régaler ce soir. »

La demoiselle était inimitable.
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Ewan Ramsay

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Lun 26 Déc 2011 - 18:10

Ewan ne comptait remplacer personne, mais la remarque de Chris n’avait pas été perdue pour lui. Le Français ? Mais Koji n’avait pas du tout l’air français (même si Ewan n’avait en fait pas d’idée très précise sur ce que pouvait bien être « avoir l’air français »). Alors cela voulait dire que Virginie ne lui avait pas menti quand elle lui avait affirmé ne pas sortir avec l’Asiatique ?

Tout cela devenait très mystérieux et intéressait beaucoup plus Ewan que les cours de secourisme. Il se demandait qui était le Français. Ce à quoi il pouvait bien ressembler. Il passait en revue tous les gens avec qui il avait parlé depuis son arrivée à l’Institut — beaucoup de monde — et comme il n’avait pas la mémoire de Koji Ashton, il était certain d’en oublier. Mais pas de Français dans ses souvenirs.

Et Virginie ne lui laissa pas le temps de poser la question. Alors il se contenta de hocher la tête et de la laisser partir. C’était une enquête qui s’offrait à lui ! Il était sûr de parvenir à faire parler il-ne-savait-trop-qui à propos du mystérieux individu qu’il n’avait pas remplacé. Mais il était tout de même un peu gêné de mettre Virginie dans une situation inconfortable.

Il se mit à se promener au hasard dans les couloirs. Il n’avait pas grand-chose à faire dans sa chambre qui, en l’attente de son premier salaire de garçon de café, demeurait désespérément dépourvue de la moindre distraction, alors il se contentait d’errer dans les couloirs en méditant sur l’important problème du Français, méditation qui consistait essentiellement à se demander de qui il pourrait extirper des informations.

Eve ? Virginie avait dit qu’elle connaissait Eve. Ewan n’était pas trop sûr de ce que cela pouvait bien vouloir dire. Elle la connaissait « bonjour dans les couloirs » ou « pyjamas parties entre filles » ? Parce que, pour Ewan, toutes les filles faisaient des pyjamas parties. Et tous les garçons buvaient des bières en regardant des matchs de foot. Un univers très simple.

C’était vrai qu’Eve était jolie. Un peu trop… Peut-être. Ou pas assez… Mais enfin, jolie. Cette constatation n’amenait cependant pas Ewan à des conclusions plus concrètes. La prochaine étape eût été : « elle est jolie, invite-la à prendre un café », ce qui conduisait inévitablement à « embrasse-la sous le gui » ou tout autre activité dont le jeune homme se sentait parfaitement incapable. Donc, dossier classé.

Ewan saluait diverses personnes en les rencontrant dans les couloirs. Contrairement à Virginie ou à Koji, il n’était pas du genre à s’enterrer sous la timidité et la froideur et, en deux semaines à peine passées à l’Institut, il semblait déjà connaître tout le monde. Il entrait probablement dans la catégorie des garçons « mignons et cools qui ne se prennent pas la tête », c’est-à-dire qu’on l’appréciait sans le connaître, qu’on discutait avec lui sans rien lui confier. Et pour l’heure, ce marché lui convenait fort bien

Quinze minutes plus tard, il parvint au self. Trois minutes plus tard, Virginie surgissait comme une fée de contes et Ewan la détaillait avec un air enchanté. Lui ne s’était pas changé à proprement parler, mais c’était tout comme : ses cheveux étaient passés du blond à un châtain clair et ses yeux, bleus tout à l’heure, étaient devenus verts. Il avait l’art d’être un peu déstabilisant.

Ce fut alors qu’une terrible vérité se révéla à lui. « Cottes de blette » ne voulait pas dire : « viande rôtie ». Le Britannique posa un regard profondément dépité sur la chose qu’on venait de lui mettre dans son assiette. Bon, d’accord, il y avait aussi de la purée, mais sûrement ce truc était interdit par la convention de Genève. Puis son regard se fit sidéré quand Virginie déclara — très sérieusement, il en était sûr — qu’ils allaient se régaler.


« Euh… Ouais. C’est sûr. Ca a l’air… Filandreux. »

Le jeune homme força un sourire à l’intention de la cantinière et emboîta le pas de son amie vers une table éloignée, pendant qu’une partie des jeunes filles de l’assemblée poursuivaient Virginie d’un regard haineux — de quel droit s’appropriait-elle la chair fraîche qui arrivait sur le marché ?

Ewan s’assit et plongea sa fourchette dans les blettes.


« Mais euh… Ca se mange vraiment ? J’veux dire, c’est courant, les gens font ça tous les jours, ou c’t’une espèce d’expérience qu’on fait par ici. Genre, vous testez des nouveaux aliments et tout ? Au cas où y ait plus rien à manger à part… des blettes. »

Visiblement « goûter avant de critiquer » et « dire je n’aime pas plutôt que ce n’est pas bon » n’étaient pas des préceptes très bien imprimés dans l’esprit du jeune homme. Et les blettes avaient chassé de son esprit la question sur le Whalen Show. Ou bien il faisait son possible pour ne pas avoir à y répondre.
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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Jeu 5 Jan 2012 - 14:30

La réaction d’Ewan agrandissait un peu plus le sourire de la demoiselle. Luc avait eu à peu prés la même réaction la première fois qu’il avait découvert ce plat. Peut-être que les garçons aimaient moins les légumes que les filles ?

-« Ne te fis pas à l’apparence. »

Il y avait de la joie dans cette réplique. Là se présentait la seule malice de Virginie. Ici bien plus que sur d’autres endroits de la planète l’apparence ne signifiait pas la même chose. On pouvait découvrir sous les traits d’un ange quelqu’un capable de voler des émotions. Il y a avait des petites filles qui avaient des ailes de chauves-souris. Et bien sûr des métamorphes qui n’aimaient pas les légumes verts.

-« On n’en mange de temps en temps. C’est bon pour la santé. Tu sais, pour ce qu’on appelle l’alimentation variée. »

La petite lueur dans ces yeux bleus trahissait un certain amusement. Virginie était maintenant capable de taquiner les autres. Elle ne le faisait jamais sans la moindre méchanceté. Elle avait juste comprit que ce registre pouvait être utile. Alors enfin elle se permettait de faire comprendre quelques petites choses grâce à l’humour. Il en fallait d’ailleurs une sacrée d’ose pour ne pas être vexé par les farceurs du manoir.

-« As-tu déjà croisé Koji ? »

Il n’était pas toujours aisé de trouver le japonais. Il savait très bien disparaître quand il voulait être tranquille. Et la londonienne respectait ce besoin sans rechigner. Elle était elle-même assez occupée. Parfois elle avait l’impression de perdre du temps entre ces murs. Certains cours ne l’intéressaient pas. Le règlement intérieur était contraignant. Elle en prenait son parti en essayant de voir le bon côté des choses. Mais plus elle s’impliquait dans la Lib Corp et plus elle se sentait étrangère à toute forme de scolarité. En attendant elle profitait encore des repas. Elle attrapait le poivre pour en saupoudrer son assiette.

-« C’est bien que tu sois là. »

Tony avait prit la nouvelle avec circonspection. Ses contacts du Fil lui avaient rapporté que cet agent envoyait presque tout ses protégés vers l’Institut ou la Confrérie. Ce n’était pas toujours la bonne solution selon lui. Certains individus ne devaient pas vivre en collectivité. Qu’en à cette idée –farfelue-, de fusionner les deux lieux d’asile, c’était tout simplement absurde. Virginie devait se faire une raison. Jamais tous les mutants de la planète ne seraient réunis. C’était mieux comme ça ! Le souvenir de cette conversation changeait l’expression de son visage.

-« Tu savais qu’avant il y avait un autre Institut… à Boston. Il a été détruit. » Ce qui la ramenait vers Samarah, la Cerbère, comme on l’avait un jour surnommée. Un surnom extrême à ses yeux. Pour l’avoir vue au bord de la mort Virginie pouvait certifier que cette femme était bien loin des enfers. -« Je me demande souvent où se trouve les anciens élèves. »

Ses recherches n’avaient rien donné. Soit les mutants étaient tous morts. Ce qu’elle trouvait peu probable. Soit ils savaient très bien se cacher. Depuis le début du repas son oreille était attirée par une conversation. A plusieurs mètres de là deux filles commentaient allégrement ce qu’elles voyaient en les observant. Virginie faisait son possible pour ne pas y prêter d’attention. Mais c’était comme essayer d’ignorer le vrombissement d’une mouche.

Depuis que son ouïe c’était développée ce genre de désagrément se produisait souvent. Elle n’arrivait pas encore à isoler les sons les plus infimes. Ce qu’elle entendait n’était pas très sympathique. Alors qu’elle n’avait strictement rien fait de mal. Ces injustices répétées l’attristait et lui faisait se sentir impuissante. Ce sentiment contre lequel elle luttait en permanence. Pour y mettre fin elle accélérait un peu les choses, délaissant la fin de son plat pour passer au désert.

-« Qu’est-ce que tu ferai si tu pouvais entendre tout ce qu’on dit autour de toi ? »

A par avoir envie que tout s’arrête il n’y avait pas tellement de possibilités. Il n’y avait que la concentration qui lui permettait de s’isoler. Mais c’était un niveau de concentration, qu’elle ne trouvait que dans certains états, comme quand elle faisait du sport. Le rire d’une des filles la fit soupirer. Que n’aurait-elle pas donné pour être vieille dame sourde ! On lui disait souvent qu'elle avait de la chance d'avoir un corps aussi efficace. Mais la perfection n'était pas faite pour les êtres humains. Où alors on aurait dû lui donner le tempérament qui allait avec.
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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Jeu 5 Jan 2012 - 16:26

Ewan venait de découvrir l’un des aspects les plus sombres de l’Institut, l’un des secrets inavouables qui ne figuraient pas sur les plaquettes publicitaires, qu’on ne montrait pas aux journalistes venus faire la promotion d’une école finalement comme toutes les autres et que l’on cachait aux officiels : à l’Institut, on avait une alimentation variée.

Cette nouvelle le contrariait. Son pouvoir le mettait à l’abri du moindre régime, alors il ne voyait pas de raison pour s’obstiner dans cette voie malsaine qui consistait à manger des trucs aux couleurs douteuses qui poussaient dans la boue et avec des goûts immondes. Les frites, c’était très bien, c’était très bon, et cela lui suffisait amplement.

Enfin, c’était ce qu’il prétendait. Au fond de lui, il était content de sortir de sa spirale infernale pizza-hamburger-kebab et de retrouver une vie un peu plus normale. Il râlait pour la forme, parce qu’il râlait tout le temps et qu’il se doutait que cela le rendait plus charmant encore, mais il était (presque) disposé à trouver l’expérience, sinon agréable, du moins intéressante.


« Ben j’espère que c’est varié. Parce que si c’est tous les jours pareil, c’est la misère. »

Bien sûr, il n’allait pas reconnaître ses torts et il préférait de très loin continuer à remuer avec un semblant de mécontentement sa fourchette dans le plat, en s’ingéniant pour en arracher des sons peu ragoûtants. Mais comme par ailleurs il avait très faim, il mangeait tout de même.

En mâchonnant bon gré mal gré ses blettes, il promenait un regard parfois bleu, parfois vert, sur le reste du self et, rêveusement, observait les gens. Ces repas pris en commun le perturbaient encore un peu mais, naïvement, il commençait à éprouver une sorte de sentiment d’appartenance, comme un instinct familial, et l’atmosphère bruyante du self lui semblait en quelque manière reposante.

De temps à autre, son regard s’arrêtait sur une personne. Parfois, une jeune fille, se sentant observée, relevait la tête, tournait les yeux vers lui et rougissait aussitôt. Ewan, sans penser à mal, lui adressait un léger sourire et portait son attention vers quelqu’un d’autre, tandis que la pauvre demoiselle était déjà en train d’élaborer, pour les jours à venir, un plan de séduction.

Le jeune homme secoua la tête à la question de Virginie.


« Pas vu. »

Et puis il ne l’avait pas vraiment cherché. Koji lui était moins antipathique qu’aux premiers instants de leur rencontre, mais Ewan n’était pas vraiment pressé de se retrouver en compagnie du métis : il lui trouvait un regard trop déstabilisant, une réserve trop mystérieuse, pour se sentir tout à fait à l’aise avec lui. Sans vraiment le fuir, il préférait ne pas le rechercher.

Ceci étant dit, Ewan était une machine à rumeurs et, quoiqu’il n’eût pas revu Koji, il avait déjà accumulé un nombre considérable d’informations sur le jeune homme, à partir de ce qui se disait dans les couloirs de l’Institut.


« Mais y a un type qui l’cherche, j’crois. Il frappe tout le temps à la porte de sa chambre. Le directeur, ou quelque chose comme ça. »

Dans sa grande innocence, Ewan supposait que Koji prenait part à un quelconque club dont Léon avait sans doute la responsabilité. La fête de fin d’années, la kermesse, le bowling, le jardinage : quelque chose dans ce goût-là. Il ne manquait certes pas d’indices d’une véracité discutable sur l’un et l’autre des protagonistes de l’histoire pour formuler des hypothèses plus exactes, mais son esprit n’était pas disposé à envisager ce genre de possibilités.

Du coup, ces rumeurs en particulier ne présentaient pas un grand intérêt. Savoir que Koji était le responsable des costumes pour la future pièce de théâtre de l’Institut ou toute autre raison qui pouvait pousser Léon à le harceler n’était pas exactement la nouvelle du siècle, de sorte qu’Ewan ne s’en préoccupait pas outre mesure.

Il ne fit donc rien pour retenir le changement de sujet et embraya sur ce que lui disait Virginie.


« J’ai entendu ça, oui. J’suppose que les gens se cachent. J’peux les comprendre. »

Il n’y avait certes peu de personnes mieux placées qu’Ewan pour goûter les plaisirs de l’anonymat. Du reste, le raisonnement lui paraissait parfaitement intuitif : on avait des problèmes, on se cachait. C’était comme cela qu’il avait toujours fonctionné, indépendamment de son statut de mutant et il était prompt à supposer aux autres ses propres stratégies.

Il avait fini de dévorer le plat qu’il avait tant critiqué et s’attaquait maintenant à ce qui tenait lieu de fromage, lorsque la nouvelle question de Virginie lui fit considérer son entourage. Il avait beau ne pas être très malin, il se doutait que la mutante faisait allusion à ses propres facultés et que quelque chose s’était passé qui la contrariait.

Ses yeux ne tardèrent pas à se poser sur les deux jeunes filles qui discutaient d’un air de conciliabule. Il n’était pas difficile de deviner ce qu’elle pouvait dire. Ewan haussa les épaules.


« Ca t’embête ? Bouge pas. »

Ewan quitta sa table pour se diriger droit vers celle des commères. Il s’assit près d’elles et discuta pendant quelques minutes, avant de revenir près de Virginie. Les deux jeunes femmes, l’air un peu déçu, avaient cessé de les poursuivre de leurs attentions pour chercher dans l’assemblée une nouvelle cible.

Ewan récupéra son fromage et fournit quelques explications d’un air dégagé :


« La blonde, c’est Jenny, elle aime la musique folk et le patinage artistique. La brune, c’est Sarah, son père vend des pièces en plastique pour les piscines et elle veut devenir infirmière. Elles sont amies avec Ethan, c’est le type à trois tables, derrière, celui avec les yeux bleus. »

Ewan engloutit son fromage et se mit à considérer avec circonspection les inscriptions sur son pot de yaourt.

« Je leur ai dit que je trouvais Ethan vachement mignon et que j’aimerais bien avoir son numéro. Elles m’ont dit qu’Ethan sortait avec Jennyfer et que, de toute façon, à leur avis, il était pas gay, mais qu’elles pouvaient me présenter Cyril, qui serait probablement intéressé. J’ai laissé mon numéro. »

Manifestement satisfait de son inspection, il ouvrit le pot de yaourt et releva les yeux, pour adresser un sourire à Virginie.

« J’suis donc officiellement dans la liste de tes amis gays — qui, soit dit en passant, est paraît-il assez longue. Tu viens de passer de la catégorie « Fille qui allume les nouveaux venus » à « Icône gay ». Tu d’vrais songer à t’mettre à la musique. »

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Virginie Parish

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Dim 8 Jan 2012 - 21:06

Si le fait que monsieur Asakura recherche avec insistance l’un de ses élève, ne perturbait pas son interlocuteur, ce n’était pas le cas de la demoiselle. Car si elle n’avait aucun talent pour deviner de quel bord étaient les garçons elle savait repérer les situations anormales. Qu’est-ce qui pouvait motiver une interaction entre les deux asiatiques. Ayant connaissance d’une partie des capacités du plus jeune Virginie s’imaginait déjà une sorte d’entente stratégique. Pas un instant elle ne s’imaginait que Gaël pouvait être supplanté par leur charmant directeur !

Elle essayait de ne pas se montrer trop curieuse et poursuivait la conversation au fil des idées. Ewan n’était pas le premier à défendre le comportement discret de la génération Boston. Tout le monde pouvait avoir des raisons de se cacher dans cette société là. Mais il y avait pourtant quelque chose que Virginie avait du mal à comprendre.

-«Mais pourquoi ils se cachent de nous aussi ? On est tous pareils, non ? »

Tous pareils oui et avec les mêmes petits défauts que les êtres humains. Celui dont était pourvue mademoiselle Parish était une incapacité –maintes fois avérée- à l’autodéfense. Ainsi avait-elle parfois conscience, de prendre le statu de victime, mais ne faisait rien pour en changer. Un mauvais psychiatre aurait rejeté la faute sur une mère tyrannique et inapte à aimer. Un bon psychiatre déclarerait simplement que certaines personnes préféraient être des victimes.

Alors quand un jeune homme se levait pour agir à sa place Virginie se retrouvait paralysée par la surprise. Elle ne savait si elle devait remercier son compagnon de diner ou le supplier de revenir sur son idée. De toutes les façons sont temps de réaction donnait au mutant la liberté de faire. Un double sentiment de culpabilité et de honte venait remuer son ventre. Cette scène faisait ressurgir les réminiscences d’une enfance pas tout à fait épanouissante. La voix ferme de sa mère qui au lieu de la soutenir lui répliquait froidement d’apprendre à s’imposer.

Les quelques minutes de discussion lui parurent être une éternité. Elle n’osait bouger la tête dans leur direction et tentait, de toutes ses forces, de ne pas écouter ce qu’ils se disaient. Pour y parvenir Virginie concentrait ses cinq sens sur l’une des cantinières. La vue et l’ouïe se mettaient en accord et ce fut comme si la jeune fille se trouvait à un centimètre de sa cobaye. Elle pouvait voir les imperfections de sa peau et entendre le frottement du tissu sur la nuque. Elle avait l’impression de se trouver à la place d’un loup dans un documentaire. C’était fascinant et un peu effrayant.

La répartition d’Erwan mettait un frein direct à l’expérience. Virginie papillonnait des yeux pendant trois secondes en l’écoutant. Elle n’arrivait pas à croire qu’autant d’information lui avait été donnée en si peu de temps. Il était doué ou plus social que Léa, qui au regard de Virginie était une experte ! Un petit sourire confus répondait à l’exposé.

La suite lui fit ouvrir deux grands yeux bleus éberlués. Elle ouvrait la bouche sans en sortir le moindre son. Il était sérieux. Il avait l’air sérieux et sûr de lui. Virginie ne savait pas très bien si ce qu’elle entendait était le fait d’une vérité ou d’une simple tactique de diversion. Elle avait pourtant du mal à imaginer qu’on puisse inventer des penchants sexuels en fonction de la situation. C’était donc qu’elle ne s’était pas trompée. Ewan était gay ! Cette assurance la faisait presque soupirer. La pensait qui naissait dans son esprit était à cet instant même explicité par un autre à l’oral.

Le mutisme de la mutante se prolongeait donc de quelques secondes. C’était assez perturbant de se l’entendre dire. Que pouvait-on répondre à ce genre de choses ? Elle ne pouvait nier ce qui l’était. D’ailleurs Virginie n’éprouvait aucune gêne concernant ses fréquentations. Non. Ce qui la mettait un peu mal à l’aise c’était qu’elle ait plus de facilité à se lier avec des gay plutôt que des hétéro ou mêmes des filles. Son sourire était reconnaissant mais un peu gêné.

-« Oui on dirait que je vous trouve. »

Son sourire se détendait un peu. Ewan lui était venu en aide pour la deuxième fois de la soirée ! C’était un garçon sur qui on pouvait compter. Bien que la londonienne espérait ne pas avoir -trop souvent- besoin de ce genre de coup de main. Madame Parish avait tort. Sa fille n’aimait pas être une petite assistée. Peut-être un jour aurait-elle l’occasion de lui apporté son soutient à son tour.

-« Merci ! Tu n’étais pas obligé de faire ça. J’apprécie ! » L’appétit lui était un peu revenu. Elle attrapait une orange et l’épluchait sans hâte. La remarque sur la carrière rendait la situation plus légère. C’était tout ce qu’il lui fallait. -« Heureusement j’ai Luc quand même. »

S’il y avait bien un garçon dont cette jeune fille pouvait certifier l’hétérosexualité c’était bien monsieur Treanez. Penser à lui ramenait dans ses yeux bleus un petit air doux amer un peu nostalgique. L’absence était bien plus sensible dans ces moments là. A présent elle arrivait à se retenir de soupirer. Mais tout de même il lui manquait !

-« Je te le présenterai ! »

Cette perspective –n’était pas si lointaine- lui insufflait un regain d’énergie. Luc était apprécié de tout le monde… même de Chris. De quoi lui donner un sacré avantage ! Ses mains disposaient machinalement les quartiers d’orange, sur une serviette en papier devant elle, en trois lignes parfaites. Tout comme les objets sur son plateau étaient rangé au centimètre prés. Mais ça c’était encore un autre problème qui ne la perturbait pas vraiment. Elle passait à autre chose de nouveau apaisée.

-« J’aime bien la musique. Mais je ne suis pas très douée. Il y a un groupe ici. Je crois qu’ils vont faire un concert à la fin de l’année. Tu t’y connais un peu ? »

Elle l'imaginait aisément avec une guitare.
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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Dim 8 Jan 2012 - 21:51

Sans doute Ewan était-il gay. Ou hétéro. Un homme. Ou une femme. Tout ce que l’on voulait, selon les exigences de la situation. Comme bien des mutants, Ewan était influencé par son don de bien des manières et il ne soupçonnait que son extraordinaire faculté d’adaptation aux circonstances extérieures, le désintérêt presque total qu’il éprouvait quant à l’identité qu’on pouvait bien lui prêter, n’étaient que des variantes de ses métamorphoses purement corporelles.

Cela faisait très probablement de lui un menteur impénitent ou un fou, mais il n’en avait cure. Lui vivait très bien ces changements perpétuels, ces réponses apportées par souci de plaire plutôt que de dire la vérité, ces ajustements continuels avec la réalité. Depuis longtemps, la vie dans la rue avait écarté de lui toute relation amicale ou intime un peu sérieuse qui pût souffrir de sa faculté à n’être jamais le même d’une seconde à l’autre.

Ainsi, quand Virginie lui parut accepter la demi-vérité qu’il avait présentée aux autres jeunes filles à propos de son orientation sexuelle, Ewan se contenta de répondre par un sourire imperturbable sans prendre la peine de la détromper, de préciser les choses, d’exposer plus fidèlement sa situation : à ses yeux, tout cela n’avait strictement aucune importance.

Il commença à se balancer un peu sur sa chaise, tout en entamant son yaourt. La légère gêne qu’éprouvait Virginie à évoquer ses préférences lui échappait complètement : prompt à abuser les autres, il l’était également à se laisser abuser. Il haussa les épaules en entendant les remerciements de la jeune femme et balaya ses scrupules :


« C’est rien. C’tait drôle. »

Il ne fût pas allé jusqu’à affirmer que l’expérience avait été profitable. Il avait certes récupéré le numéro de téléphone d’un garçon sans doute charmant, mais jamais il n’oserait prendre son portable pour le composer. Jouer la comédie était une chose, se jeter dans le grand bassin de l’existence une autre et Ewan préférait les déguisements à la réalité.

Alors que ses yeux entamaient une migration très lente vers du bleu vers le noir, le jeune homme finissait son yaourt en promenant son regard sur le reste du self. Réflexion faite, l’expérience avait bien été profitable : depuis longtemps, il n’avait pas goûté aux plaisirs simples d’une interaction sociale ludique avec des jeunes gens de son âge et la vie à l’Institut multipliait ce genre de rencontres. Il se sentait plus calme. Plus détendu. En sécurité.

Il hocha la tête à la proposition de Virginie de lui présenter Luc.


« J’suis sûr que ça vaut l’détour. »

Il se l’imaginait comme une sorte de géant très musclé, ressemblant à un joueur de football américain, la mâchoire carrée, le regard franc et la poigne efficace. Il avait beau savoir désormais que Virginie n’avait pas besoin de la moindre protection, l’apparence angélique de la jeune femme continuait à lui inspirer des visions un peu — soit elle était faite pour materner un garçon un peu fragile et caractériel comme Koji, soit elle devait chercher les bras virils et protecteurs d’un mâle pas forcément très intelligent, mais gentil comme tout.

Fort de ces idées toute faites, il engloutit le reste de son yaourt et abandonna le pot vide dans son assiette, avant d’attraper la banane qu’il avait choisie parmi tous les fruits, une fois ravalé son désespoir de ne pas trouver de gâteau au chocolat, pourtant ô combien nécessaire pour panser le traumatisme des blettes.

Il jeta machinalement un coup d’œil à la disposition géométrique du plateau de Virginie et haussa un sourcil. Est-ce qu’elle avait …? Il cherchait désespérément le mot adéquat dans son vocabulaire limité. Des images de personnes se lavant plusieurs fois les mots et évitant de toucher les poignées de porte circulaient dans son esprit sans avancer beaucoup son investigation lexicale.

Evidemment, la question lui brûlait les lèvres, mais comme il n’avait pas non plus été élevé par les loups, il se retint de la formuler et releva le nouveau sujet de conversation que lui proposait la jeune femme.


« Un peu. »

Un peu, c’était un euphémisme. Ewan était à peu près dépourvu de toute culture générale, historique, scientifique ou littéraire, mais il se rattrapait dans la musique et le cinéma et, dans ces domaines, il ne manquait pas de munitions. Mais il était comme à son ordinaire réticent à la perspective de faire étalage de ses compétences.

Après avoir mâchonné d’un air pensif un morceau de banane, en songeant à ses quelques notions de guitare et de piano, qu’il se trouvait enfin en situation de cultiver, il reprit :


« J’savais pas qu’y avait un groupe. C’est sympa. »

Il avait un peu perdu contact avec les réalités d’un établissement scolaire et puis il n’était pas vraiment disposé à considérer l’Institut sous ce jour. Ainsi eût-il été aussi étonné d’apprendre qu’il y avait un club photographie ou un atelier jardinage les jeudis soirs. Il n’avait pas pris le temps de se pencher sur ces questions. Il se promit d’aller assister à quelques répétitions.

Rétablissant son équilibre sur sa chaise, il termina rapidement sa banane et, après avoir massacré un nombre considérable de serviettes à s’essuyer consciencieusement les mains, il posa sur Virginie un regard qui ressemblait à deux verres d’eau dans lesquels l’on eût versé de l’encre noire.


« Bon. Tu veux aller voir le film ? »

Parce que lui n’était pas du genre à traîner des heures devant son plateau vide au self : il avait besoin d’une occupation autrement plus exaltante que de relire les ingrédients qui composaient son yaourt (dont d’ailleurs il préférait largement ne rien savoir). Et puis l’heure avançait et ils allaient certainement rater le début.

Dans l’espoir de convaincre Virginie, il entreprit une description du film en question :


« C’est un film allemand sorti en 2043. L’histoire d’une femme qui élève des poules au cœur de la Bavière. Très émouvant. »

Il était un peu étrange de l’entendre tenter de vanter les mérites de ce qui semblait bien être un film d’auteur, tant il semblait plus susceptible de goûter les charmes simples et efficaces des films d’action et de science-fiction. Mais Ewan était un homme plein de surprises — que celle-ci fût bonne ou mauvaise, il était difficile de le dire.
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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Ven 27 Jan 2012 - 14:20

Virginie n’allait pas souvent aux séances de projection du manoir. Elle n’était pas très cinéma. Trop bon public elle pouvait pleurer devant une comédie sentimentale au moins trois fois et sursauter toutes les cinq minutes en regardant un thriller. Cette espèce d’empathie à l’image l’empêchait de suivre le fil de l’intrigue. Cependant ci n’avait l’air ni triste ni effrayant.

-« J’aime bien les poules. Enfin elles font un peu peur quand elles se rassemblent en bande. Il y a film, comme ça, avec tout pleins d’oiseaux je crois qu’il est américain… »

Plateau en main, la jeune fille repoussait sa chaise, en continuant de parler de ce classique dont elle avait refusé de voir la fin. Le plateau passait sur le plat de sa main maintenu un peu en hauteur –réflexe de serveuse estivale- tandis que l’autre rangeait son siège au millimètre prés. Sa perception de l’espace était de plus en plus précise. La combinaison de sa vue et de ses réflexes lui permettait de traverser la cantine, sans toucher une seule personne, une seule chose.

Il n’y avait qu’à aller à l’autre bout de l’étage pour arriver dans le foyer. Le club cinéma réservait la salle de repos une fois par semaine. Il n’y avait pas beaucoup de monde ce soir là. Virginie restait un pas en arrière, pour permettre à son camarde, de se placer où il le voulait. Elle prenait la chaise juste à sa gauche, assise en un mouvement fluide et élégant comme si elle suivait un rythme inaudible aux autres.

-« On ne va pas voir des abattoirs j’espère ? »

Une jeune fille patientait face à eux. Elle suivait du regard les mutants qui s’installaient sans hâte. Virginie l’observait elle. Elle pouvait deviner son humeur à la façon dont ses lèvres se tenaient. L’assurance tranquille derrière le fond de teint de marque. Et elle se demandait soudain pourquoi elle n’avait jamais essayé de mettre du fond de teint ? Sa mère en mettait chaque matin avant l’accident. Ses doigts commençaient à tourner un bracelet autour de son poignet, dans un sens, puis dans l’autre.

Le nom du réalisateur germanique ne lui évoquait rien. La lumière baissait. On voyait apparaître la Bavière de la fin des années trente. Parish n’avait pas beaucoup de culture générale. Elle savait où était l’Allemagne, qui présidait, et l’opinion générale sur la mutation, point. Pendant ces deux heures elle s’immergeait totalement dans l’univers de cette paysanne entourée de ses gallinacés. Elle détournait les yeux quand un homme venait couper leurs têtes. Elle souriait bêtement devant les poussins. Quand le générique démarrait elle était émue et heureuse.

-« Waouh. Peut-être que je pourrais me faire un week end à la campagne. T’en dis quoi ? Tu viendrais ? »

Virginie avait tout le temps envie de faire des choses. Elle voulait tout voir. Mais elle ne faisait rien d’autre, que rejoindre le bâtiment de la Lib Corps, et les murs de cette école. Elle restait, dans le fantasme, imaginant sa vie si. Si elle n’avait pas été ici que serait-elle entrain de faire ? Toujours à travailler pour le NYNW. Peut-être entrain de souffrir de la rudesse d’une école de danse. Ou infirmière apprentie soignante dans un hôpital. Certainement pas dans un avion pour Berlin.

[color:39f2= green]-« Dis, tu sais ce que tu vas faire, après ça ? C’est bizarre. Mais je n’arrive pas à regarder plus loin. Il y a pleins qui savent. David il va être danseur. Luc sera géologue. Koji… il peut faire tout ce qu’il veut. J’ai l’impression que je n’ai pas de vrai but comme cette fille là. C’est tout bête mais elle sait ce qu’elle fait, pourquoi elle le fait. Elle a de la chance. »

La question qui revenait de plus en plus souvent. Virginie ne savait pas quoi faire de sa peau. Il lui manquait trop d’expérience pour ouvrir un restaurant. Elle ne savait pas bien s’il y avait quelque chose, qui l’attirait… vraiment. Elle se levait d’un bon, entassait les chaises de leur rangée, pour aller les mettre dans un débarra. Puis la demoiselle ne bougeait plus, songeuse, sans vraiment l’activité dans la pièce.

-« Je ne vais pas passer ma vie, à faire des dossiers et des missions suicides, si ? » *

Une chaise se fracassait sur le sol dans un bruit de tonnerre. Une petite bombe à l’oreille de Parish qui sursautait et se retrouvait à faire le tri dans son esprit. Elle vérifiait, que personne n’était blessé, ainsi que personne n’avait besoin d’aide. Et puis son sourire spontané revenait naturellement à ses lèvres roses. Elle avait ce regard vif et bienveillant comme si ces questions n’avaient, enfin de compte, pas besoin de réponse.

-« J’aime bien cette couleur là pour tes yeux. Elle est jolie. » Ewan était de toute manière joli garçon. Virginie se demandait quelle pouvait-être sa véritable apparence. Celle du tout début, avant la mutation. La question était tapie au fond de ses prunelles. Mais pour le moment elle préférait ne pas l’ennuyer avec ça. -« On fait quoi ?»

Virginie pouvait se distraire toute la nuit. Elle n’était pas compliquée à satisfaire. Ils pouvaient paresser sur un sofa ou aller jouer dans la neige, ou parler... Tout était possible. Aussi se mettait-elle à disposition de ce sympathique compagnon.
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Ewan Ramsay

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Ven 27 Jan 2012 - 19:42

« Les Oiseaux de Hitchcock, en 1963. Avec Tippi Hedren bien sûr. »

[justify]S’il y avait bien deux domaines dans lequel Ewan n’était pas dans le wagon de queue de la culture, c’était le cinéma et la musique. Et là, ses connaissances ne relevaient pas de la simple culture populaire et son panorama personnel allait des réalisateurs les plus obscurs du Kino-Pravda à la dernière vedette américaine à la mode, de la musique religieuse baroque à dernier tube de l’été.

Il éprouvait pour le monde toujours changeant de la fiction cinématographique et pour les fluctuations purement gratuites de la musique une sympathie qu’il ne s’expliquait pas entièrement, mais qui tenait à ses propres désirs de changement et de liberté. Les livres avaient quelque chose de fixe et marmoréen qui ne l’inspirait guère et les sciences une exactitude rigoureuse qui lui déplaisait.

Après avoir extrait ces quelques informations de l’encyclopédie personnelle du cinéma qu’il avait composée de manière anarchique dans les profondeurs de son cerveau, il se contenta de suivre docilement Virginie dans le couloir, comme s’il éprouvait le besoin qu’elle le guidât dans un environnement qui, peut-être encore, était nouveau pour lui.

Naturellement, il n’en était rien. La première chose qu’Ewan avait faite, en bon cambrioleur, avait été de se repérer dans ces bâtiments et il en connaissait désormais les méandres en détail. Simplement, dissimuler la plus grande partie de ses connaissances pour se ménager de secrets avantages était devenu chez lui une seconde nature qu’il procédait de la sorte quand même aucune circonstance particulière ne l’exigeait.

Ils arrivèrent dans le foyer et furent contraints de constater que l’aviculture bavaroise ne suscitait pas la passion des foules. Cinq autres étudiants devaient s’être rassemblés : une jeune fille de bonne famille, qui essayait de se faire passer pour une artiste bohème, quoique le programme de la soirée l’ennuyât profondément, un Allemand qui venait soigner le mal du pays, les deux responsables du club de cinéma et un garçon de treize ans, qui n’avait pas consulté les affiches et était persuadé qu’on passait un film d’action.

Ewan s’installa plutôt au fond de la salle et, comme mû par un instinct de caméléon, il commençait à se fondre dans l’obscurité des lieux : ses cheveux devenaient noirs, plus épais, un peu plus sévères peut-être et ses yeux s’assombrissaient également. Quelques secondes plus tard, l’écran de fortune s’alluma et le film démarra.

C’était une œuvre essentiellement contemplative, encore fortement marquée par le néo-réalisme allemand, mais qui cultivait une photographie particulière, susceptible de donner à l’ensemble de l’œuvre une atmosphère un peu étrange. Il devenait assez vite évident, du moins pour le spectateur averti, que la panique des poules, leur soudaine tranquillité, leurs égarements, participaient d’une métaphore de la vie allemande à l’aube de l’avènement du nazisme et que la fermière incarnait une réflexion sur la cruauté de Dieu.

Bien sûr, cette dimension fortement critique échappait à tous les mutants présents, Ewan en premier lieu, qui eût été bien incapable de restituer la chronologie de l’Allemagne au vingtième siècle. Il n’en goûtait pas moins la projection cependant, absorbé, grâce à une fascination presque sensuelle, pour les lumières, les inflexions de voix, le paysage, les couleurs. Il cherchait dans le cinéma moins une histoire ou un propos qu’une expérience des sens.

Il resta quelques instants silencieux, à la fin du film, s’éloignant à petits pas de l’univers de la fiction en observant leurs camarades d’un soir s’empresser de mettre le plus de distance possible entre eux et le DVD, tandis que les deux responsables du club remballaient leur matériel.

Mais ce fut sans une seconde d’hésitation qu’il secoua la tête à la question de Virginie.


« Bof. Non. La campagne, c’pas vraiment mon truc, en fait. »

Certes, il n’y avait jamais passé plus de dix minutes dans son existence, mais l’idée qu’il s’en faisait ressemblait fort à l’enfer : de la boue, des paysans bourrus et des matrones revêches, des animaux malodorants, de la pluie tout le temps, aucun immeuble, aucune boutique, rien. Une mort lente et très douloureuse. Très peu pour lui.

Il avait toutefois joint à sa réponse un sourire si aimable qu’il était impossible de lui en vouloir le moins du monde. Progressivement, comme la lumière s’était rallumée, ses cheveux reprenaient leur teinte dorée et ses yeux entamaient une rapide migration pour un vert très clair, ensoleillé.

Migration brutalement interrompue par la question de Virginie. Les volutes vertes se fixèrent sur un fond noir et Ewan eut l’air un peu désarçonné. Comment ça, plus tard ? Est-ce qu’il avait une tête à réfléchir à ce genre de choses ? Il n’en avait absolument pas la moindre idée et son âme d’éternel enfant priait tout au fond de lui pour que la question ne vînt jamais se poser.


« Ben, eeeeuuuh… J’sais pas. »

La question n’avait certes pas l’air de le préoccuper outre mesure et, machinalement, il balaya la pièce des yeux, comme si ses opportunités de carrière se cachaient quelque part entre les fauteuils et le babyfoot. La recherche n’était pas très fructueuse. Il n’avait aucune éducation, du moins aucune éducation formelle, et aucune envie d’en acquérir une. Aucune envie de se fondre dans la société.

Mais il ne désirait pas non plus devenir le plus grand cambrioleur de tous les temps et, dans ses activités criminelles comme dans sa vie quotidienne, il était dénué d’à peu près toute ambition : dans quelque domaine que ce fût, les rêves de gloire lui étaient étrangers, et il se trouvait ravi de vivre au petit bonheur la chance.

Bien sûr, plus en profondeur, ces questions le terrorisaient et c’était bien plutôt la peur de ne pas trouver sa place qu’une réelle et pure insouciance qui l’empêchait d’y accorder trop de réflexions. Il n’avait donc même pas un début de réponse à fournir à Virginie et, pour conclure, se contenta de hausser les épaules.

Fort heureusement, la chute d’une chaise fut une heureuse diversion. Comme sa camarade, Ewan réagit au quart de tour, mais ses réflexes consistaient bien plutôt à vérifier les issues de secours et à se mettre en quête des objets contondants susceptibles de se transformer en armes qu’à se préoccuper des éventuels blessés : la survie personnelle avant toute chose. Mais l’alarme était passée et son amie avait le bon goût de changer de sujet de conversation.

Les yeux d’Ewan reprirent leur chemin vers le vert et le jeune homme esquissa un sourire un peu flatté au compliment de son interlocutrice. Il lui eût bien dit que, puisqu’elle l’aimait, il allait la conserver, cette couleur, mais il se savait incapable, l’eût-il voulue, d’une telle stabilité.

Ewan jeta un coup d’œil à sa montre.


« Ben. Moi, j’comptais aller dormir, en fait. »

Depuis qu’il était l’Institut, il jouissait du confort d’un vrai lit de qualité et de la tranquillité d’esprit d’avoir une chambre à soi : plus d’inquiétudes pour ses maigres possessions et plus de réveil, en plein milieu de la nuit, parce que les quelques planches qui couvraient la fenêtre étaient tombées. Alors, il en profitait.

« J’crois qu’j’rattrape des années de sommeil en retard, en ce moment. »

Il n’entrait pas dans les détails et, autant qu’il en sût, Virginie ignorait à peu près tout de ses conditions de vie avant de rejoindre l’Institut. Mais il n’était pas difficile d’en deviner une partie et les mutants n’étaient pas rares qui, avant de rejoindre ces murs protecteurs, avaient vécu d’expédients dans des endroits douteux.

« Mais on pourrait s’faire un truc, un autre jour. Genre, j’sais pas. Une partie de bowling, une pizza, quelque chose comme ça. »

Tant que ça n’impliquait pas d’aller cultiver des blettes dans les campagnes anglaises, tout lui allait.
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Virginie Parish

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MessageSujet: Re: [RP] Aller contre sa nature [Ewan] Jeu 22 Mar 2012 - 12:20


-« D’acc !»

Bien sûr le premier réflexe de Virginie était d’être déçu. Et puis elle se disait que si la campagne ne pouvait pas séduire ce jeune homme il y aurait bien la mer, ou la montagne, pour y parvenir. L’équipe pédagogique organisait régulièrement des petites excursions. Ils auraient bien une occasion. Peut-être même qu’ils se retrouveraient une seconde fois assigné à une mission pour la LC. Bref la mutante ne se faisait pas vraiment de souci.

Bizarrement la réaction d’Ewan était rassurante. Lui non plus n’avait aucune idée d’où il serait l’année suivante. Au fond Virginie se demandait pourquoi cette question l’inquiétait tant. De toutes les façons ils ne pouvaient pas tellement prévoir leur avenir. Personne ne le pouvait. Mais eux… Ils étaient les parias et leur sort était précaire. Ils devaient avancer dans leur jeunesse sans pour autant oublier que la guerre pouvait éclater. Au début Virginie en était désespérée. Et puis les événements c’étaient accélérés.

Enfin… Virginie oubliait –encore une fois- que le sommeil était de mise pour n’importe qui. Elle eu automatiquement un sourire et acquiesçait sans protestation. Retenir les autres avait quelque chose de tyrannique. La jeune femme avait conscience que son mode de vie était atypique. Elle s’y était fait. Il y avait une quantité de reportage qu’elle s’était promit de regarder avant le « Show ». Et plein d’autres choses à faire écrit sur un post-it quelque part sur son bureau.

-« Ce serait super oui ! On fera ça. Alors reposes toi bien ! … C’était chouette de te voir comme ça.»

Virginie faisait un petit demi-tour en direction des escaliers. A cette heure peut-être qu’elle croiserait une des filles. Holly était plus du matin que du soir. Mais il y avait Léa aussi. Où elle pouvait tout simplement rester seule et marcher sans but. Une activité de plus en plus courante. Caleb était probablement endormi. Penser à lui provoquait l’onde d’affection si familière. De fils en aiguille ses pensées la guidaient à travers le manoir. Elle était plongée dans un abyme de réflexion sans véritable fin.
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