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[Un été gallois]

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Race : Humaine
Clan : Indépendante, ralliée à l'Institut
Age du perso : 40 ans
Profession : Sous-directrice de la Lib'Corp
Affinités : Compagne d'un certain tatoué décédé. A présent mère de son fils, Caleb
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MessageSujet: [Un été gallois] Lun 9 Juil 2018 - 16:18

June embrassa son fils, paisiblement endormi avant de quitter sa chambre sur la pointe des pieds. Comme toujours, elle s’était assurée que le baby-phone était raccordé à la fréquence d’urgence de son communicateur, parée à toute éventualité. Même si pour l’heure, elle savait qu’elle laissait Caleb en de très bonnes mains.

« Tu es certaine de vouloir y aller ? »

Samarah l’attendait dans le couloir, appuyée contre le mur, les bras croisés. June referma délicatement la porte derrière elle et affronta le regard de son amie.

"Oui. J’en ai… besoin"


Une affirmation, qui manquait encore légèrement de conviction aux oreilles de la mutante mais elle ne protesta pas. Elle avait fait ce qu’elle avait pu, dans la limite de ses moyens, pour réconforter l’humaine ces derniers mois avant de constater sa totale impuissance face à son chagrin. Elle avait alors fait ce qu’elle savait faire de mieux : prendre de la distance. Et elle avait laissé June tranquille. Lui assurant néanmoins qu’elle restait à son écoute si son amie ressentait le besoin de se confier.  

« Bien. Je suppose que tu sais ce que tu fais »

Un mince sourire se dessina sur les lèvres de l’humaine

"A vrai dire, pas vraiment. Mais tu me connais !"

La mutante leva les yeux au ciel, agacée, et se décolla du mur. Elle s’assura que son communicateur était également relié à celui de June et que l’empreinte mentale de Caleb était solidement ancrée dans son esprit.

«Tu ne changeras jamais !»

"De toute façon, ça me fera du bien de bouger un peu…  . Je n’ai pas quitté ces murs depuis des mois !"

Et pour cause, Samarah y avait plus ou moins veillé personnellement.

"Et sans vouloir t’offenser, je sens que là, c’est le moment. Sinon, je vais péter un câble !"


« Je ne te retiens pas, tu es libre d'aller où tu veux ! »

"Je te tiens au courant de l’évolution là-bas. Veille bien sur Caleb", ajouta l’humaine, par réflexe

« Ne t’en fais pas, il ne lui arrivera rien »

Evidemment, June le savait. Maintenant que Kenjiss n’était plus là, il n’y avait pas meilleur ange gardien pour veiller sur son fils que Samarah. Celle-ci emboita le pas à l’humaine et elles quittèrent l’aile ouest de la bâtisse.

_____

Dès qu’elle avait reçu l’appel d’Ernie, June avait déjà commencé à constituer mentalement une équipe de personnes susceptibles de l’accompagner à Cardiff. Elle devait s’entourer, raisonnablement, mais aussi pour pouvoir parer à toute éventualité. Elle ne savait pas ce qu’il l’attendait là-bas. Elle avait donc contacté Virginie, Tony et Hannah, la veille au soir. Résistance, vitesse et protection.

Chacun d’entre eux avaient reçu le message suivant sur leur communicateur :

Citation :
-- Reçu appel du Mu-8, virée en perspective en terres galloises, cherche équipe d’intervention, si intéressés rdv demain matin 9h à l’entrée de l’Institut--

Elle avait hésité quelques secondes avant de l’envoyer également à Elie. Sa force de frappe offensive pouvait s’avérer intéressante, surtout en cas de problèmes. Elle avait encore un peu de mal, vis-à-vis d’Elie, suite aux révélations que cette dernière lui avait faites, mais elle lui avait accordé sa confiance.

C’est donc une June, en tenue de service (comprenez un short et un t-shirt léger vu la chaleur !) équipée d’une paire de lunettes sur le bout du nez qui les attendait sur le perron.

« Si tu sens que vous ne pourrez pas gérer, surtout, ne fais pas de conneries s’il te plait… »

June se retourna et fit face à son amie qui l’avait rejointe. Elle la rassura en posant une main sur son épaule :

"Je sais que ça va t’étonner, mais depuis un moment… j’ai pris conscience que parfois, je devais reconnaitre où sont mes limites"

Un fin sourire étira les lèvres de la mutante. Effectivement, elle avait du mal à la croire. Surtout, venant d’elle.

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-Tellement improbable qu'il a surgit sans prévenir...
Et lorsqu'il a frappé, il était déjà trop tard !
-

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Tony DiFury

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 10 Juil 2018 - 14:25

Ce matin, 08h00.



"Rrrrrrrrrmmffffffff ta gueuuule..."

C'est une main légère comme un cheval mort qui s'écrasa sans ménagement sur le téléphone qui alimentait l'enceinte vociférante, faisant ainsi cesser l'alarme sensée réveiller Tony DiFury. Elle ne fut guère plus efficace qu'un pet de mouche, et le jeune français épuisé retomba vite dans un sommeil proche du coma.


...



Ce matin, 08h45.




Les yeux bleus du grand blond s'ouvrirent subitement lorsqu'il réalisa ce que signifiait cette sonneries de secours. Sur la table de chevet, sa montre indiquait "t'es en retard, grosse feignasse."

"Wohputaind'merde !!!"

Désormais tout à fait réveillé, Rocket se leva... enfin, disons plutôt qu'il balança ses couvertures sans ménagement, roula comme un rocher qui dévale une montagne, s'écroula comme un sac sur le plancher, se releva avec la grâce pachydermique d'un hippopotame sous cocaïne, et tâcha d'enfiler ses vêtements le plus vite possible. Hors de question d'être en retard aujourd'hui !
Car la veille au soir, il avait reçu un message de June :

June a écrit:
-- Reçu appel du Mu-8, virée en perspective en terres galloises, cherche équipe d’intervention, si intéressés rdv demain matin 9h à l’entrée de l’Institut--

Pour la première fois, il allait partir sur le terrain, le vrai monde de la réalité véritable. Enfin !

Provenant du couloir, les voix de June et de la Cerbère de l'institut, qu'il percevait sans distinguer les détails de leur conversation, le ramenèrent au présent. Il se rendit compte que la chef d'équipe quittait les lieux, et que la troupe risquait de partir sans lui. Le craquement violent du t-shirt qu'il venait d'enfiler lui fit écarquiller les yeux de surprise, avant de lui arracher un soupir à fêler une plaque de blindage. Encore un qui était bon à jeter ! D'ailleurs, il le jeta, agrandissant encore la pile de vieux chiffons qui s'entassaient sereinement dans un coin de la chambre.

Il fallait dire que depuis plusieurs mois, il s'entraînait quotidiennement et intensément sous la houlette du vieux Nakor et de la terrible Miss Lemington. Il était rapidement apparu que la condition physique du punk était plutôt misérable, et entre autres choses, il avait fallu y remédier. Ainsi, en trois petits mois, c'était quasiment une dizaine de kilos de muscles qui s'étaient développés sur le corps de Tony, changeant sa frêle silhouette de coton-tige déguingandé en une carrure digne d'un vrai roadie. Du coup, maintenant qu'il pesait ses quatre-vingt-dix kilos, les trois quarts de ses vêtements ne lui allaient tout simplement plus, ce qui avait été l'occasion de renouveler sa garde robe. Pour le coup, il faisait plus métalleux que punk...

Le français hésita un instant à mettre directement sa combinaison de X-Man. Mais il se ravisa, n'ayant pas la motivation de la sortir de son sac, et se contenta d'un jean / t-shirt / rangers nettement plus sobre. La montre au poignets, il accrocha à ses oreilles les piercings mis au point par le diabolique Nakor pour l'aider filtrer les émanations toxiques de sa mutation, et fit rouler ses épaules désormais massives avant de se ruer dans la salle de bain. Il n'eut que le temps de s'asperger le visage d'eau glacée et de mettre deux coups de déodorant avant de se ruer dans le couloir comme un ouragan, manquant presque de percuter la Directrice qui était restée là. Il lui sourit sans s'arrêter, tâchant de ne pas parler trop fort pour ne pas perturber le sommeil du petit Caleb.

"Salut Miss ! Je veillerai sur June, vous inquiétez pas ! Et j'vous ramènerai un souvenir !"

Il fonça ainsi dans les corridors, descendant à l'étage en dessous, puis freina avec un bruit de crissement de pneus devant les cuisines. Quelques secondes plus tard, il ressortait en trombe les poches chargées de petits pains encore chauds et la bouche pleine de gâteaux au miel, saluant la cuisinière hilare.

" 'alut Ol'a, 'onne 'ournée ! "

Il déglutit, descendit encore d'un palier, et arriva devant les grands escaliers qui donnait sur le hall déjà occupé par quelques élèves matinaux, dont l'attention avait été captée par le bruit de sa course effrénée. Ne perdant jamais une occasion d'amuser la galerie, il bondit pour se laisser glisser sur la rampe en imitant le cri d'un vieux personnage de cartoon.

"HeeeeeeeeeeeeyyyyyyyYABADABADOO~~~~~~OO ! ! !"

Même si la référence ne parlait probablement pas à la majorité des spectateurs, tous s'esclaffèrent à cause de l'absurdité de la scène. Tony se réceptionna sans s'arrêter le moins du monde, franchit les portes du manoir comme un cowboy entre dans un saloon, savourant l'air frais du matin qui ne tarderait pas à devenir étouffant. Il sortit une cigarette, l'alluma, tira une bonne taffe dessus, éxhala un épais nuage blanc qui s'évanouit dans la brise, et remarqua alors June qui attendait de pied ferme : Dora l'exploratrice, version adulte. Chassant aussitôt les images que cette idée provoqua dans son cerveau vrillé, il lui fit un grand sourire en mimant un petit salut militaire du bout des doigts.

"Rocket paré à décoller, cap'taine ! Alors ? On attend qui d'autre ? "

C'était un nouveau départ pour Tony, ainsi que pour les X-Men...
Nouveaux Mutants...
Equipe de choc de l'Institut ??

Enfin, pour beaucoup de monde !

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**  = en français dans le texte




"We're going out tonight
To kick out every light
Take anything that we want
Drink everything in sight
We're going till the world stops turning
While we burn it to the ground tonight"
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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mer 11 Juil 2018 - 3:28

Samarah eut l’impression qu’un rhinocéros lui fonçait dessus lorsque l’empreinte mentale de Tony se matérialisa dans son esprit et elle se décala juste à temps de sa trajectoire en se plaquant contre le mur, afin que celui-ci ne lui rentre pas dedans.

*Tu ferais mieux d’économiser ton énergie, Tony ! *
lui rappela-t-elle mentalement alors qu’il avait probablement déjà atteint les escaliers.

Pourtant, la mutante n’avait cessé de le lui rappeler lors de leurs entrainements. Samarah l’avait en effet prévenu dès son arrivée : Tony devrait apprendre à contrôler son pouvoir le plus rapidement possible s’il voulait éviter de provoquer des dégâts au quotidien (faites ce que je dis et pas ce que je fais…). Elle l’avait donc fortement encouragé -pour ne pas dire sommé- de se présenter en salle des dangers dès la semaine suivante. Et contre toute attente… le jeune homme l’avait fait ! Hardi, le petit (qui la dépassait d’au moins deux têtes). Peu de résidents, en effet, avaient eu le courage d’affronter la Cerbère lors d’un entrainement. Ce n’étaient pas tant ses capacités physiques (à peine plus développées que celles d’un enfant de 10 ans) qui les effrayaient, mais bien ce qu’elle était capable de leur faire endurer mentalement. Samarah compensait sa relative inefficacité en combat au corps à corps (dans ce domaine, c’était plutôt June qui se débrouillait) en envoyant ses recrues en simulation lors d’un entrainement pour tester leurs réflexes et leur endurance. Elle pouvait ainsi observer leur réaction et anticiper les erreurs qu’ils ne devraient pas répéter en situation réelle. Mais elle était surtout réputée pour les faire travailler leur résistance mentale, leur apprendre à résister à l’ennemi. Et éventuellement… à la torture. Ces techniques d’endurcissement s’étaient finalement révélées efficace lors de sa propre capture. Même si ses ennemis avaient presque réussi à la briser…

Cependant, il fallait croire que les rares à avoir osé l’affronter lors de ces duels mentaux avait ensuite raconté un tas d’horreur aux autres élèves car ceux qui se présentaient à ses entrainement se comptaient à peine sur les doigts d’une main. Aussi, Samarah avait-elle salué le courage du jeune Tony en le remerciant de s’être présenté. Et surtout d’être revenu aux suivants ! Passé le choc de leur première rencontre (où, rappelons-le, elle avait failli lui briser le cou pour avoir à moitié démoli l’allée de l’Institut lors d’un atterrissage non-maitrisé), il semblait avoir compris –contrairement à une grande majorité- que la mutante n’était pas si effrayante que cela… Elle ne lui avouerait probablement jamais, mais en ces moments difficiles, Samarah lui en fut reconnaissante. Partagée entre son envie d’être toujours présente pour June et l’amer constat de son incapacité à l’aider pour surmonter son chagrin, la mutante s’était éloignée pour laisser l’humaine face à son deuil (il n’y aurait qu’elle, finalement, pour décider d’en sortir). De son côté, la mutante avait mis à profit cette distance pour tenter de se reconstruire. Son enlèvement ayant laissé des séquelles bien plus profondes qu’elle n’aurait voulu l’admettre. Mais cette solitude lui pesait de plus en plus… La présence de Tony à ses entrainements constituait donc une compagnie fort appréciable car il lui offrait l’opportunité de ne pas penser à ses propres problèmes. Et c’est ainsi que, de semaines en semaines, leurs séances d’entrainement répétées avaient commencé à porter ses fruits. Samarah avait pu relever quelques changements chez le jeune homme. Autant mentaux que physiques. Mais elle avait rapidement laissé la considération de sa nouvelle musculature naissante au soin des adolescentes de la bâtisse qui, étrangement, s’étaient soudain rendues compte de l’existence de Tony. Pour une raison qui semblerait peut-être de plus en plus évidente aux yeux de certains : Samarah préférait de loin les femmes. Et surtout une, en particulier. Elle s’était donc uniquement concentrée sur l’évolution mentale de Tony, indifférente au reste. Il avait fait des progrès, malgré sa tendance à se laisser encore trop emporter par cette énergie à la fois propre à la jeunesse et dont il semblait déborder à cause de sa nature mutante.

Toujours est-il qu’à cet instant, ce fut son éternelle fougue qui lui permit d’arriver sur le perron de l’Institut avant la mutante. Celle-ci ne tarda pas à les rejoindre (un jour, vraiment, elle devrait embaucher un téléporteur !). Tony était impatient de partir. Ce serait une première pour lui. Mais le conseil de la mutante à son égard fut le même que pour June :

"Il ne s’agira plus d’une simulation, Tony. Dans la salle des dangers, quand tu perds, c’est sans conséquence… Ici, en cas de représailles, tu joues avec ta vie ! Ne l’oublie jamais !" l’avertit Samarah, la mine grave.

June avait posé sa main sur son épaule pour la rassurer. La mutante l’avait suivie du regard en l’écoutant distraitement... Reconnaitre ses limites ? June ?? Samarah faillit s’étrangler avant de finalement sourire, presque résignée.

"Ca, ma vieille, je le croirai uniquement le jour où tu me le prouveras !"
rétorqua-t-elle, persuadée que son amie en était parfaitement incapable.

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mer 11 Juil 2018 - 14:57

---Cardiff---

*Soupire*

Assise sur un banc quelque part dans Cardiff, Aisling profitait du relatif beau temps en se laissant aller à une vague rêverie distraite. La jeune fille était arrivée ici aux environs de huit heures, voulant profiter au maximum de sa journée dans cette ville pourtant si mal connoté par les britanniques eux-mêmes. A torr ou à raison, ces derniers semblaient considérer cette banale bourgade comme une sorte de no man’s land, comme une sorte de trou perdu au fin fond de la campagne… Pour Aisling, cela était sans doute du à l’éternelle rivalité entre les différents composantes de l’empire britannique. Une sorte de coup bas gratuit, afin de se rassurer sur sa propre supériorité. Elle pouvait comprendre cela, étant elle-même irlandaise… En fait, les irlandais eux-mêmes étaient en rivalité au sein même de leur propre culture, ce qui lui était toujours apparu comme étant d’une absurdité totale. Après tout, qu’ils soit du nord ou du sud, ils étaient tous des irlandais, n’est-ce pas ?

A nouveau un soupire fusa de ses lèvres délicates, tandis qu’elle fermait doucement ses yeux en laissant sa tête chuter nonchalamment vers l’arrière. Toute cette réflexion était intéressante, mais Aisling avait des choses bien plus importe à traiter en ce jour, même si elle n’en avait pas vraiment envie. Mais sa mère avait été on ne peux plus claire : c’était soi Londres, soit Cardiff, soi l’institut avec des cours par correspondance. Sans grande surprise et même si la raison véritable différait assurément de celle que sa mère pouvait imaginer, l‘option de l’institut fut presque immédiatement écarter sans la moindre pitié. Aisling n’était pas vraiment motivée pour faire des études supérieures, notamment à cause du fait qu’elle risquait de ne pas pouvoir aller à leur terme… Et même si par chance cela arrivait, il était d’une certitude absolue qu’elle ne pourrait jamais utiliser ses connaissances acquises afin de se construire une vie professionnelle. A moins que l’on devait également travailler une fois mort.. ? Aisling fit revenir sa tête en avant, tout en la secouant négativement dans un sourire amusé : cette idée était aussi stupide que assez déprimante en vérité.

Lorsqu’elle avait atteint ses dix-huit ans, Aisling avait subitement pris conscience que ce qui n’était autrefois qu’une lointaine destinée quelque peu diffuse, était en train de devenir une bien cruelle vérité. Elle allait bientôt devenir une véritable adulte et, par là même, se retrouver sur la dernière ligne droite avant l’issue fatale qui l’attendait bien sagement tapie dans un coin. Elle ne savait pas vraiment ce qui était le pire, était-ce le fait de savoir sa mort programmée à court terme ou bien était-ce le fait de ne pas connaître le moment ou cela arriverait ? Son état s’aggravait sans le moindre doute, aussi sûrement que sa consommation de ces comprimés salvateurs qui lui offraient la possibilité de tromper tous le monde, mais faute d’un suivi médical il lui était difficile de temporiser le peu de vie qui lui restait encore. Selon les dossiers de sa mère sur le sujet, les enfants de mutants vaccinés pouvaient potentiellement vivre jusqu’à vingt-cinq ans. Mais la moyenne se situait plutôt entre vingt et vingt-trois ans, ce dernier âge étant celui  du mutant dans le même cas qu’elle et qui avait vécu le plus longtemps.

Alors Aisling avait été tenté  de mettre finalement en application une de ses anciennes idées, la fameuse fugue sans explication. Mais au final, elle y avait lâchement renoncé face au regard tendre de sa mère. Non, elle ne pouvait se résoudre à la faire souffrir inutilement pour le restant de sa vie. En dépit de toute ses nombreuses réflexions sur le sujet, la jeune fille se sentait de plus en plus emprisonnée dans une voie sans issue  Elle voulait une solution magique, une solution ou sa mère ne souffrirait pas de sa mort, mais plus elle y songeait et plus elle réalisait que cette solution n’existait sans doute pas. Tout ce qu’elle pouvait faire en fin de compte, c’était continuer à s’enfoncer dans son mensonge et poursuivre sa mascarade afin que tous continue de penser qu’elle allait bien. C’est pourquoi, Aisling se retrouvait ici et maintenant.

Après avoir visité les universités de Londres, c’était au tour de celle de Cardiff. Une bonne université selon sa mère. Aisling n’avait pas vraiment lutté plus que de raison en réalité, juste de quoi faire illusion comme n’importe quelle autre jeune fille de son âge désireuse de s’émanciper de l’autorité parentale. Mais au final, elle se disait qu’elle pouvait bien accéder au désir inavoué de sa génitrice de la garder auprès d’elle, sachant que cela ne durerait pas très longtemps… Un petit peu de bonheur, c’était tout ce qu’elle pouvait lui apporter faute de mieux. Se sentant un peu coupable, Aisling avait décidé de suivre les pas de sa mère et d’entamer des études de génétique. Une nouvelle, qui ravit au plus au point Sinéad.

Mais elle avait le temps, il n’était même pas encore neuf heure après tout. La visite de l’université ne lui prendrait pas la journée entière, alors elle entendait bien profiter de sa présence à Cardiff pour visiter également la ville elle-même. De plus, le changement d’environnement était plutôt salutaire, il offrait une nouvelle vision, des nouvelle perspectives qui n’aurait pu naître ailleurs. D’ailleurs, le trajet en train avait permis à une idée, aussi simple que complexe, de poindre timidement dans son esprit. Asling se demandait d’ailleurs pourquoi elle n’y avait pas pensé avant.. Mais il y avait un problème de taille, elle devrait convaincre Samarah de l’aider et, par extension, lui avouer la vérité… Bien, sur, elle pouvait toujours espérer que cette dernière s’exécute sans poser la moindre question, mais elle était ‘’la cerbère’’ et non pas ‘’le mouton’’, alors l’option ‘’j’obéis sans poser la moindre question’’ n’était certainement qu’un vague rêve irréaliste. Pourtant, c’était la solution idéale, sans le moindre doute.

Dans un nouveau soupir, Aisling quitta le banc ou elle était assise et s’étira longuement. Elle fit quelques pas en direction d’un salon de thé tout proche et s’installa à une table en terrasse. Après avoir passé commande, son regard embrassa la nudité humaine de son environnement. Les habitant de Cardiff n’étaient pas des lève-tôt visiblement, ce qui l’arrangeait plutôt à vrai dire. Aisling se disait également que si jamais elle choisissait de faire ses études à Cardiff, elle ne risquait pas de rencontre le moindre habitant de l’institut par accident, un plus inappréciable qui lui permettrait de pouvoir se libérer plus souvent de ce mensonge trompeur dont elle se vêtissait chaque jour depuis maintenant plus de trois ans.

Dans un mouvement désormais devenu instinctif, la jeune fille plongea sa main dans la poche avant de son jean afin d’en extraire ses fameuses vitamines et, sans même en avoir conscience, elle avala un comprimé de plus que la dernière fois… Ailsing pensait que son état empirait et sans doute avait-elle raison. Mais était-ce la seule raison qui l’obligeait à acheter de plus en plus souvent de la codéine ou bien… Quoi qu’il en soit, cette nouvelle prise de comprimés réprima rapidement la douleur lancinante qui  était en train de naître dans sa tête, a son plus grand plaisir.
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Elie Powell

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Ven 13 Juil 2018 - 14:49

---Cardiff---

L’opération s’était déroulée sans problèmes majeurs et Elie profitait enfin de quelques heures de répit en flânant dans les rues. La semaine passée, le Fil l’avait appelée pour une mission d’exfiltration sur Cardiff. La mutante avait donc quitté l’Institut précipitamment. Ces derniers-mois, elle avait fait de nombreux allers-retours entre le refuge et Londres. Avouer à June qu’elles partageaient un lien de parenté n’avait été que le début d’une série de changements. Une fois le fait indéniablement établi (merci l’ADN !), il était hors de question qu’elle s’en aille comme une voleuse. Elie comptait bien rester dans les parages pour veiller sur son neveu. Et empêcher quiconque n’y était pas autorisé de l’approcher. En particulier, sa propre mère et de facto, la grand-mère du petit Caleb.

Mais, après avoir abordé June, il y avait également une autre personne qu’Elie avait du rencontrer pour négocier sa présence à l’Institut. La redoutable Cerbère et propriétaire des lieux. Elie n’avait aucune raison de craindre Samarah, hélas, sa réputation la précédait. Et lorsqu’elle s’était retrouvée face à elle, elle n’avait pas pu s’empêcher de ressentir un léger malaise. Heureusement, June l’avait accompagnée et avait ainsi pu confirmer le moindre de ses aveux. Samarah, fidèle à elle-même, s’était d’abord montrée sceptique. Puis, forcée de reconnaitre la véracité des dires d’Elie, la méfiance avait fait place à un autre sentiment, que la mutante avait été bien incapable d’identifier. Elle avait soudain eu l’impression que Samarah s’était refermée sur elle-même.

Ce n’est que quelques jours plus tard que celle-ci avait redemandé à Elie de la suivre dans son bureau, seule cette fois. Elle lui avait alors proposé une chose qu’Elie n’avait pas envisagée : devenir le garde du corps de June et dispenser quelques heures de cours à l’Institut. L’étonnement avait pris de cours la mutante. Et bien que ce ne fût pas le genre de proposition que l’on pouvait se permettre de refuser, elle avait demandé à Samarah quelques jours de réflexion. Cette dernière les lui avait accordés. Elie dut convaincre June que c’était pour le moment la meilleure option qui s’offrait à elle : elle n’avait pas trouvé de nouvel emploi depuis la fin de son contrat précédent (il faut dire aussi, qu’elle n’avait pas cherché, trop occupée à surveiller June et surtout réfléchir au moment où elle l’aborderait) et cela lui permettrait de rester auprès d’elle et de Caleb. L’humaine avait bien du admettre qu’elle avait raison, mais elle n’avait pas apprécié la manière (à peine détournée) de Samarah pour élargir sa protection et elle avait bien précisé à Elie qu’elle était quand même capable de se défendre ! La mutante n’avait pas osé la contredire, elle commençait à connaitre le caractère de sa demi-sœur, presque aussi sulfureux que le sien.

C’est donc une jeune femme qui jonglait à présent entre trois boulots différents qui longeait l’enceinte du château de Cardiff, en plein centre ville. Elle portait un chapeau, plus par fantaisie que par réelle nécessité, la mutante ne craignant pas vraiment la chaleur, et ses éternels gants noirs. Elle estimait avoir bien mérité un jour ou deux de repos, jusqu’à ce que son communicateur ne vienne mettre fin à ses désirs, la veille au soir. June l’avait contactée. Elle avait besoin de volontaires pour une mission. Au vu de son nouveau statut, Elie ne put qu’accepter. Et puis, elle était déjà sur place… elle n’avait aucune excuse !

Elle arriva devant l’entrée du Bute Park, qui ceinturait une bonne partie du château. C’était l’un des plus grands parcs du Royaume-Uni et du peu qu’elle en avait vu, selon Elie, l’un des plus beaux aussi.


Spoiler:
 


Elle avait repéré, lors de son arrivée, un salon de thé à l’entrée du parc : le Pettigrew Tea Room. Et une fois n’est pas coutume, l’accro au café qu’elle était, avait décidé de goûter aux délices du thé, auxquels semblaient être si attachés les britanniques. Elle avisa une table lorsqu’elle aperçut une tête qui lui sembla vaguement familière.Elle était certaine d’avoir déjà vu cette cascade de cheveux roux à l’Institut… O’Hegarty ! Voilà, c’était la fille de Sinead.

"Aisling ? Quelle surprise de te trouver ici ! Tu profites du légendaire soleil gallois ?"

Elie sourit en s’approchant de l’adolescente. Vraiment, oui, parfois le hasard faisait bien les choses…

"Je peux m’asseoir avec toi ? Il parait que ce salon prépare les meilleurs thés de la ville !" demanda Elie, en supposant que la jeune fille l’avait également reconnue. Mais était-ce vraiment le cas ?

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Sam 14 Juil 2018 - 15:32

---Cardiff---

Toujours perdue dans ses rêveries solitaires, le regard obscur de la jeune irlandaise vagabondait distraitement sur les compositions florales du parc attenant au salon de thé ou elle avait trouvé refuge. Sans grande surprise, les roses étaient en très grand nombre. Aisling d’était toujours demandé pour quelle raison cette fleur, certes élégantes au demeurant, avait acquis tellement d’attrait auprès de la population humaine. La rose était, selon l’idée générale, le reine des fleurs. .. Une question, aussi idiote que finalement terriblement égocentrique, avait alors surgi dans son esprit si prompte à s’interroger sur tout et rien à la fois : puisqu’elle avait la capacité de créer des roses, cela faisait-il d’elle une reine ? La reine des fleurs, certes, mais une reine tout de même. D’un hochement de tête aussi brusque que bref, Aisling balaya cette sotte idée de son esprit. Une reine, n’importe quoi se dit-elle alors en son for intérieur…

Revenant à une réalité nettement plus terre-à-terre et assurément nettement moins glamour qu’un monde onirique ou elle régnerait telle une déesse idolâtrée par une masse aveuglée par son rayonnement royal, la jeune irlandaise héla une serveuse qui passait près d’elle et lui commande une tasse de thé. Contrairement à Samarah, elle ne s’y connaissait pas vraiment en matière de thé, son truc à elle c’était plutôt un bon vieux café des familles avec une pointe de vanille parfumé d’une pointe d’essence chocolatée. Le thé, c’était vraiment un truc d’anglais, c’est sur. Mais parfois, elle aimait se la jouer grande dame distinguée en prenant un thé car, dans son esprit, boire du thé c’était quelque chose de… So british.

De fait, sa commande d’une tasse de thé se limita finalement à un choix de nom, jugeant celui choisi comme plus amusant ou bien plus intriguant que les autres. Pour une raison aussi drôle que finalement prédestinée, Aisling opta pour un thé qui avait été nommé Reine Victoria. Au vu de ses divagations personnelles précédemment cité, c’était comme un signe du destin, un appel du pied de l’univers qui semblait aimer s’amuser malicieusement avec les êtres humains. De plus, est-ce qu’il n’y avait pas une rose qui portait également ce nom.. ? Lorsque le destin s’imposait à vous, il était inutile de lutter, c’est certain.

Lorsque la serveuse lui amena la fameuse Reine Victoria et la déposa sur sa table dans un sourire aimable que la jeune irlandaise lui rendit très volontiers, celle-ci la remercia et la regarda s’éloigner. Puis, elle se pencha légèrement en avant afin de humer la chaude fragrance qui émanait de la porcelaine timidement fumante. A son grand étonnement, elle était assez douce. Le parfum, indéfinissable à ses sens peu habitué à ce type de breuvage, la remplissait curieusement d’un certain sentiment de nostalgie sans que pourtant elle ne puisse en définir la raison. C’était comme ça parfois, une odeur nous rappelait inconsciemment quelque chose, sans que l’on puisse précisément mettre le doigt sur le quelque chose en question. Une sensation étrange, parfois irritante, mais en fin de compte pas si désagréable que cela.

Instinctivement, Aisling souffla délicatement sur le breuvage de noble lignée, avant de se redresser et de pousser une vague soupir las… Elle se sentait étrangement bien, une chose qui ne lui arrivait plus très souvent depuis quelques mois maintenant. La jeune fille clos alors doucement ses yeux afin de s’isoler temporairement de son environnement. Ne penser à rien, voilà qui était très reposant même si sa mère lui dirait sans doute le contraire. Malheureusement, ce moment de plénitude fut abruptement stopper par une voix féminine qui l’interpella d’une proche distance. Aisling rouvrit alors rapidement les yeux et tourna naturellement son regard en direction de la voix… Et elle la vit, elle…

‘’Légendaire, c’est le mot…’’

s’amusa-t-elle à répondre dans un sourire malicieux on ne peux plus explicite. Se moquer gentiment des britanniques et de leur météo, c’était presque un devoir lorsque l’on y songeait. Quand la personne qui l’avait interpellée lui demanda si elle pouvait venir s’asseoir à sa table, Aisling l’invita d’un signe de la main à s’exécuter tout en lui répondant :

‘’Bien sur, venez vous asseoir.’’

Premier point, l’invitation… Check !

Deuxième point, la reconnaissance visuelle de ladite personne invitée… Ou dit de manière plus simple, c’est qui cette femme déjà.. ? Afin de temporiser le souvenir de la femme qui s’installait à sa table, Aisling commença par répondre à une de ses interrogations :

‘’Je ne sais pas, c’est la première fois que je viens à Cardiff… Toute seule en tous cas… Mais en effet, leur thé semble être assez délicieux.’’

Puis, ce fut l’illumination, le souvenir salvateur qui allait à la fois l’empêcher de vexer son interlocutrice et, dans le même temps, de passer pour une idiote malpolie. La jeune irlandaise se lança alors, sans filet comme à son habitude :

‘’Vous êtes le nouveau professeur de sciences de l’institut, c’est ça ? Celui qui travaille à mi-temps…’’

Aisling passait si peu de temps à l’institut ces deux ou trois dernières années, qu’elle avait fini par ne plus connaître exactement les nouveaux arrivants. Mais dans le cas présent, il lui semblait bien reconnaître le nouveau professeur. Pour ce qui était du mi-temps, il lui semblait également que sa mère lui en avait vaguement parlé lorsqu’elle l’avait interrogée sur cette nouvelle tête entraperçu ici et là  Aisling reprit la parole et ajouta :

‘’Amy Boswell n’est-ce pas.. ? Je vous ai vu plusieurs fois à l’institut mais on a jamais vraiment eu l’occasion de discuter je crois. Qu’est-ce que vous faites ici mademoiselle Boswell, vous ne devriez pas être en train de préparer votre cours.. ? il est presque neuf heures après tout.’’

Acheva Aisling, tout en jetant un regard distrait sur sa montre. Puis, elle reporta à nouveau son regard sur Elie et lui dit :

‘’Moi je suis venu ici pour visiter l’université de Cardiff, afin de décider ou je vais aller à la rentrée. Le choix est difficile… Londres est plus proche de l’institut et il y a plus de distractions, mais en même temps il paraît que l’université de Cardiff jouit d’une très bonne réputation. Comme vous pouvez le voir, c’est un choix cornélien, un véritable dilemme… Surtout pour ma mère.’’

acheva Aisling, dans une tentative d’humour qu’elle accompagna d’un léger sourire amusé afin de souligner sa facétie verbale… Au cas ou… Curieusement, tous le monde n’était pas  sensible à son humour.
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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Lun 16 Juil 2018 - 2:05

"Rabat-joie !" avait déclaré June avant de descendre les marches du perron, laissant Samarah derrière elle, en compagnie d’un Tony décoiffant et déjà décoiffé (à moins que cela ne soit l’inverse)

Le scepticisme de son amie ne l’étonnait pas vraiment. June avait un sacré passif derrière elle qui justifiait la réserve de la mutante. L’humaine avait toujours été du genre à foncer tête la première et à réfléchir après. Une technique qui lui avait plutôt bien réussi jusqu’à présent. Mais les choses avaient changé désormais. Si auparavant, June se moquait bien de se mettre en danger, elle était aujourd’hui également responsable d’une autre vie que la sienne. Et ce simple constat avait suffit pour lui faire revoir l’ordre de ses priorités. Si l’enthousiasme débordant de Tony faisait plaisir à voir, Samarah avait pourtant raison : ils ne savaient pas dans quoi ils mettaient les pieds. Leur seule certitude : cette fois, ce serait bel et bien la réalité, non une simple simulation.

Elle disparut dans le garage de l’Institut et en ressortit quelques minutes plus tard au volant de ce qui serait leur véhicule durant l’escapade en terres galloises : une superbe décapotable rouge métallique. Autant donner l’impression de jouer les touristes jusqu’au bout ! Même si elle aurait préféré y aller en moto, à plus de deux, c’était compliqué et pour l’instant… elle ne se sentait pas encore capable de remonter sur une belle cylindrée. Cela lui rappelait trop de souvenirs… Devant l’air étonné de Samarah, l’humaine déclara simplement :

"Je l’ai empruntée. Miranda me devait un service…"

Et par service, June entendait avoir accepté de participer à la lubie de sa supérieure quelques mois plus tôt à bord de la TransAtlante quand celle-ci l’avait envoyée droit dans les bras de son amant pour danser devant une foule avide de sensations. Une idée folle qui avait eu de sacrées répercussions dans la vie de l’humaine ! Aujourd’hui encore, June ne parvenait pas à savoir si elle devait lui en vouloir ou non. Sans ce tango, tant de choses auraient pu être différentes… Peut-être ne serait-elle pas devenue mère. Peut-être Kenjiss serait-il toujours en vie. L’humaine secoua la tête, elle n’avait pas envie de se perdre dans ses questions sans réponse maintenant. Et puis, il lui avait fallut du temps, mais elle avait finalement pu prendre sa revanche sur Miranda en réquisitionnant, séance tenante ou presque, sa voiture ! Et June comptait bien en profiter à présent ! Qui n'a jamais rêvé, en effet, de rouler cheveux au vent ?

L’humaine redescendit de la voiture et vérifia le contenu du coffre pour s’assurer qu’elle n’avait rien oublié. Puis, elle se tourna vers Tony. Il avait été le premier à répondre à son appel la veille. Elle le détailla des pieds à la tête, machinalement, comme elle avait l’habitude de le faire avec les membres de son équipe lorsqu’elle partait en mission pour la Lib’Corp. Elle aussi avait remarqué le changement chez le jeune homme depuis leur première rencontre le jour de son arrivée. Il s’était entrainé –courageusement !- avec Samarah. Et le frêle individu qui avait débarqué en manque de repères avait fait place à un jeune homme beaucoup plus assuré aujourd’hui. Un peu trop, peut-être. Réfréner une telle motivation se révélait un véritable crève-cœur pour l’humaine. Mais, aujourd’hui, elle se devait de le faire, pour leur sécurité à tous.

"Je la charrie, mais Samarah a raison. Evitons de nous faire remarquer dès que nous arriverons là-bas. Notre but, dans un premier temps, c’est de prendre la température et d’enquêter pour récolter des informations. Ensuite, on avisera… "

Ce qui serait pour elle, une façon de travailler aux antipodes de ses méthodes habituelles ! June aussi, allait devoir faire des efforts…

"Elie est déjà sur place. Elle nous attend, continua-t-elle en vérifiant son communicateur. Tu la connais, je crois ?"

Il lui semblait les avoir déjà aperçus en train de discuter ensemble lorsqu’elle promenait Caleb dans les jardins de l’Institut.

"J’ai aussi contacté Virginie et Hannah. Mais je n’ai pas reçu de confirmation de leur part. Je propose qu’on les attende encore un peu. Sinon, on partira sans elles. Elles pourront toujours nous rejoindre sur place !"


Après tout, Cardiff n’était pas très loin. A peine quelques heures de route !

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 17 Juil 2018 - 10:49


    Derrière la porte de la chambre 248 régnait un étrange silence matinal que le chant des oiseaux avait bien du mal à adoucir. Dans l'intimité de ces quelques mètres carrés estudiantins se déroulait une scène dont la banalité ne la rendait pas moins douloureuse pour ses protagonistes. Luc Treanez quittait Virginie Parish. Pour de bon. Il n'était plus question de « pause » dans la relation.

    Les mots s'étaient échangés dans des murmures intimidés. Il ne pouvait pas vivre une histoire d'amour avec un fantôme... aussi formidable soit ce fantôme. Il n'en pouvait plus de la voir partir en quête de Justice au quatre coins du globe, sans savoir quand elle reviendrait et dans quel état. Parce que Résilience ou non, cette jeune femme était faite de chair et de sang comme eux tous. Et en effet Vivi revenait à peine du Canada où elle avait effectué une mission d'extraction... pour le Fil cette fois. Elle avait fait une belle action et en bonne compagnie aussi. Dont ce Grant dont elle avait, lui semblait-il. Sans doute cela peinait-il aussi le Français. Qu'elle vive tant d'aventures avec des inconnus qu'il ne rencontrerait sans doute jamais.

    La blondinette avait bien essayé de retenir ses larmes. Mais celles-ci avaient fini par s'écouler de ses prunelles bleues, comme les rigoles d'un fleuve. Elle ressentait pour la première fois les effets d'une peine de cœur. Elle n'y était pas prête. Rien en elle n'était prêt à laisser Luc sortir de sa vie. A l'abandonner. Le jeune homme s'avançait vers elle pour déposer un baiser d'adieu sur son front. Elle avait du se faire violence pour ne pas attraper son bras et le retenir. Et il avait ouvert la porte de la chambre sans se retourner.

    La porte battante laissant entrevoir le couloir de l'aile est de l’Institut. Un endroit où Miss Parish se sentait tellement en sécurité, malgré tout ce que Luc pouvait penser. Elle observait le mur de l'autre côté de la porte. Elle envisageait de courir jusqu'à la chambre de Koji ou même de Tony. Que l'un d'eux puisse lui dire comment réparer ses erreurs. Elle songeait ensuite aux plus âgés. Si l'heure n'avait pas été si jeune, elle aurait volontiers été trouver le sourire réconfortant de June. Ou même la grande bonhomie du vieux Nakor aurait sans doute allégé son chagrin.

    Elle se levait pour faire le tour de la chambrette sans savoir exactement quoi faire de sa peau. Son esprit était totalement ailleurs. Elle repensait à la journée de la vielle sans comprendre comment un aussi bon moment pouvait s'achever par une rupture. Elle avait tout fait pour qu'ils soient réunis. Jusqu'à couper les communicateurs, sécher les cours, évité de parler de la Lib Corp. Mais ça n'était pas suffisent. Elle se mettait vaguement en quête de son phone pour le rallumer et en attendant la mise à jour, elle commençait à s'habiller pour la journée.

    June a écrit:
    -- Reçu appel du Mu-8, virée en perspective en terres galloises, cherche équipe d’intervention, si intéressés rdv demain matin 9h à l’entrée de l’Institut—

    A son retour elle prenait connaissance de tous les messages manqués. Phoenix ne l'avait pas encore recontacté. Mais peut-être n'en avait-elle pas les moyens. Samarah était elle aussi silencieuse depuis quelques temps. Vivi savait que la nouvelle maternité de June ne la mettait pas dans un état d'esprit forcément joyeux. Les relations humaines paraissaient beaucoup plus compliquées que les formules mathématiques qu'elle essayait de rattraper. Un message envoyé par June, datant de la vielle fini par attirer l'attention de Résilience.

    Il était actuellement 9h08 du lendemain. Virginie regardait partout autour d'elle. Elle n'avait aucune idée qu'une mission avait été prévue. D'ordinaire ils le savaient au mons trois jours avant. Quelque-chose avait du arriver. Pour que June agisse en urgence c'est qu'ils devaient réagir vite. Vivi rassemblait déjà ses affaires. Elle passait sa robe d'été par sa tête et ouvrait la penderie pour attraper la combinaison roulée en boule sur le sol. Elle l'enfilait avec agilité tout en entrant dans la petite salle-de-bain. Elle coiffait rapidement ses cheveux pour les nouer en queue de cheval. Ensuite elle repassait par la salle pour prendre le communicateur et le glisser dans une poche arrière.

    Au moins, cela avait réussi à arrêter les larmes de la demoiselle. Elle traversait le bâtiment de son pas véloce pour rejoindre le hall du Manoir. Elle songeait qu'elle n'avait encore rien manger depuis la vieille au soir. Cela n'allait pas être à son avantage. Mais heureusement la mission n'était pas très loin. Elle achèterait quelque-chose une fois sur place. Sa silhouette se dessinait derrière l'une des portes du hall. Elle la poussait et arrivait avec le pas empressé des retardataires.

    Ses yeux encore un peu brillants accrochaient les visages de June et de Tony. Elle lançait un sourire un peu moins spontané au petit groupe formé. Elle s'excusait à June tout en ralentissant son pas dansant.

    _ « Désolée. Je suis là. Je viens. Bien-sûr... Puis les yeux clairs s'attardaient sur les autres qu'elle saluait. Bonjour Tony. Bonjour Sam. … en quoi consiste la mission ? »

    A cet instant Parish bloquait la petite voix qui lui disait que son amoureux, enfin son ancien amoureux, aurait eu toute sa place dans l'équipe. Elle se forçait à afficher ce sourire qu'on lui connaissait bien. Ça ne servait à rien d'y penser... Non, Vivi devait se focaliser sur ce qui les attendait. Au moins le choix de Luc n'aurait pas été vain comme ça.

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L'amour à la machine... Faite le bouillir.

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Tony DiFury

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 17 Juil 2018 - 18:09

La complicité entre Samarah et June faisait instinctivement et involontairement sourire Tony. La décontraction naturelle de l'humaine semblait déteindre sur la Cerbère, et rien que ça, c'était déjà un super - pouvoir qui valait toutes les mutations du monde.
Lorsque la directrice le mit en garde contre les dangers qui l'attendaient et sur l'importance de ne pas prendre les choses à la légère, le français eut un très (si si très, mais alors très très ) léger soupir.

" Je sais bien Miss, je sais très bien... Mais j'ai pour philosophie que s'inquiéter, c'est souffrir deux fois." Il éclata brièvement de rire, s'arrêta net devant le regard inquisiteur de Samarah, et reprit dans la seconde une expression concentrée et professionnelle. " Non plus sérieusement... Ça va aller, vraiment. Je sais arrêter de déconner quant il le faut. Alors ne vous inquiétez pas : on y va, on gère, et on revient. Il n'y a aucune raison que ça se passe mal... Et au pire des cas, j'ai été entraîné par la meilleure, alors pas de quoi fliper ."

Il ne put retenir un clin d'oeil mutin pour accompagner son petit sourire en coin. Bien sûr qu'il était stressé : il avait les tripes nouées comme la première fois qu'il avait pris l'avion. Mais il savait que si - non quant - les choses dérapaient, il ne serait pas seul pour les affronter. Et il ferait face. Du mieux qu'il pourrait.

June se pointa alors au volant d'un petit bolide rouge pétant, ce qui lui donnait des airs de starlette en goguette sur la croisette. Tony haussa un sourcil. Pas d'avion, donc pas de situation urgente ou nécessitant potentiellement une évacuation rapide. Il se rendit alors compte qu'il ne connaissais rien des détails de la mission...
C'est alors que, secondant les mises en garde de la Cerbère, la jeune maman laissa filtrer l'un des objectifs : mener l'enquête. Sur qui ou quoi, alors ça, mystère et Cornetto !
Le regard clair du français sauta de l'une à l'autre des deux femmes qui le sermonnaient presque. Il leva les mains en signe d'apaisement et se défendit dans un demi rire.

" Eh là, du calme, mesdemoiselles ! Je sais faire autre chose que pulvériser des trucs, promis !  "

Il fallu quelques secondes pour relier le prénom de Élie à la seule et unique miss Powell, véritable phénix des hôtes de ces bois.

" Ah ouiiiiii ! Effectivement, je vois qui c'est !"

Ce n'était pas peu dire : il avait l'image de leur première rencontre bien en tête, et du sang lui monta presque au nez.

Au moment exact où June proposa d'attendre les deux membres encore manquants de cette expédition, Virginie franchit la porte de sa foulée bondissante,  adressant un bonjour quelque peu... éteint, comparé à son entrain habituel. La joie illumina le visage de Tony à la vue de l'ange blond dont il n'avait plus de nouvelles depuis plusieurs semaines (ce qui lui avait paru des années ! ), et qui n'était rentré d'une mission à l'étranger que la veille ou l'avant-veille. C'est donc avec un sourire jusqu'au oreilles qu'il répondit à ses salutations.

" Salut Vivi ! Content de te voir ! "

Par réflexe, il esquissa un geste pour se rapprocher d'elle et lui faire la bise, mais il remarqua alors l'humidité dans ses yeux, et la distance légère qu'elle maintenait avec tout le monde. Sans arriver à en déchiffrer tous les détails, le français semblait percevoir dans le langage corporel de la blondinette comme une sorte de réserve, un repli sur elle - même malgré le sourire radieux qu'elle affichait. Il se contenta donc de rattraper son déséquilibre et de sourire timidement en levant le pouce à son attention. Il rebondit aussitôt sur la question de la jeune femme en amenant son propre questionnement.

" On doit mener l'enquête et récolter des informations, apparemment... Mais je n'en sais pas plus."

Là dessus, le punk croisa les bras en se tournant vers June, attendant de connaître le fin mot de cette histoire. Plus il y pensait, plus il doutait : l'anglais n'étant pas sa langue maternelle, de nombreuses subtilités pouvaient lui échapper dans une conversation. Même si cela faisait maintenant plus de trois mois qu'il vivait à l'Institut, il lui manquait encore bon nombre de mots de vocabulaire, notamment des termes techniques... Et lorsqu'il ne se concentrait pas directement sur une conversation, la plupart des mots se mêlait au bruit ambiant sans qu'il n'en saisisse le sens; c'est ainsi que la plupart des francophones apprécient la musique anglophone. Une habitude culturelle qui risquait fort de lui causer du tord...

Mais il prefera garder ça pour plus tard. Il était inutile d'inquiéter Sam ou Virginie plus que de raison, et il serait toujours temps de partager ça avec l'équipe pendant le voyage.

Tony prit donc le parti de tirer sur sa clope en attendant que June éclaire leur lanterne.

........................................................................................................................................................................................................
**  = en français dans le texte




"We're going out tonight
To kick out every light
Take anything that we want
Drink everything in sight
We're going till the world stops turning
While we burn it to the ground tonight"
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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Sam 21 Juil 2018 - 15:00

Tony ne prit pas le ‘sermon’ des deux amies à la légère et déjà, il leur assura qu’il pourrait gérer la mission. June sourit, compréhensive. Bien souvent, elle avait aussi pensé cela, sûre d’elle, avant que la situation ne dégénère complètement. Mais, après tout, c’était sur le terrain qu’on apprenait le mieux, non ? Et puis, elle l’estimait parfaitement capable car Tony était loin d’être un idiot, excepté lorsqu’il faisait preuve d’inconscience et se lançait dans la gueule du loup sans réfléchir, gagné par un excès d’assurance en ses capacités.

Samarah les avait rejoints près de la décapotable et en fit le tour pour l’inspecter sous tous les angles. June l’observait, amusée, sachant très bien ce que son amie avait en tête. Elle la devança, d’ailleurs, avant que la mutante ne lui fasse part du fond de sa pensée.

"Promis, je ne ferai pas de folies au volant de ce petit bolide !"

Et de toute façon, connaissant la maniaquerie de sa supérieure, elle savait que sa voiture était nickel chrome, vérifiée et contrôlée dans les moindres détails tous les jours ou presque. Il n’y avait donc aucune raison de s’en faire, ni aucune crainte à avoir quant à l’état du véhicule. Il était parfaitement safe. On ne lirait pas dans les journaux qu’une voiture avait tragiquement fini sa route contre un arbre pour cause de freins défectueux. En revanche, toute opérationnelle qu’elle était, la voiture ne pouvait pas empêcher les éventuelles envies suicidaires d’une jeune mère éplorée…

« Je n’ai rien dit ! » se défendit Samarah

"Mais parfois, même toi, tu penses trop fort !" rétorqua l’humaine, malicieuse.

La mutante croisa les bras et lui lança un air de défi. June crut un instant l’avoir mouchée mais la répartie ne se fit pas attendre

« Baby-sitter occasionnelle, je peux m’y faire. Devenir une mère de substitution, beaucoup moins. Caleb a besoin de toi. Et moi aussi, eut-elle envie d’ajouter. Ancre-toi ça bien dans le crâne ! »

June leva les yeux au ciel en soupirant. Complices, les deux l’étaient, assurément. Mais parfois, Samarah était réellement agaçante. Même sans user de sa télépathie, elle parvenait à mettre le doigt sur le chaos émotionnel qui rongeait l’humaine et contre lequel elle luttait depuis la mort de son compagnon.

"Arrête de t’inquiéter pour rien! déclara alors simplement June. Je t’ai déjà dit que je ne ferais pas ce genre de conneries-là… "

June n’était pas stupide et avait très bien compris le sous-entendu de son amie. Ce n’était en effet pas dans son genre et elle était plus forte que ça. Du moins, l’humaine tentait de s’en convaincre jour après jour malgré l’absence cruelle du tatoué. Samarah fixa June comme si elle la sondait mentalement mais n’ajouta rien de plus. Elle avait pourtant de bonnes raisons de s’en faire. Mais ce n’était pas le moment de les étaler publiquement.

Ce fut à cet instant qu’une tête blonde jaillit à son tour de l’Institut. Virginie, tout juste rentrée d’une précédente mission, avait eu le message et semblait prête à rempiler dans la foulée. June sourit mais son sourire se figea un instant lorsqu’elle croisa les yeux bleus de sa jeune amie. Ceux-ci, encore humides, trahissaient une émotion que l’humaine ne connaissait que trop bien. Il n’y avait pas beaucoup de choses capables de mettre à mal l’éternelle bonne humeur de son assistante. Excepté peut-être une dispute avec un proche. June savait que Virginie détestaient les conflits. Et si elle n’avait pu empêcher ses larmes de couler, c’est que celui-ci avait du être assez désagréable… June compta sur sa –relative- bonne humeur pour remonter le moral de sa recrue lorsqu’elle arriva à leur hauteur.

"Je suis contente de te savoir avec nous ! déclara-t-elle, sincère. Je te croyais encore absente de l’Institut"

Cela faisait en effet plusieurs jours qu’elle ne l’avait pas croisée au détour d’un couloir, et plus étrange encore, que la jeune fille n’était pas venue rendre visite à Caleb. Elle ajouta néanmoins, une légère lueur d’inquiétude dans le regard :

"Tout va bien ? Ma requête tombe peut-être mal pour toi et je ne voudrais pas que tu te sentes obligée de nous accompagner si tu as des affaires à régler ici"

Mais ses acolytes semblaient déterminés. Pour preuve, c’est en chœur, ou presque, qu’ils demandèrent davantage de précisions sur l’objectif de leur mission. C’est vrai que June avait été plutôt concise dans son message. Prise dans l’urgence et surtout, parce qu’elle-même n’avait pas beaucoup plus d’informations à leur fournir. Elle avait effectué quelques recherches depuis la veille, sans grand succès.

"J’ai reçu un appel d’Ernie hier matin"

Elle se tourna vers Tony. Virginie connaissait bien Ernie, car c’est elle qui l’avait accueilli lorsqu’il était revenu de France avec l’humaine, encore sous le choc de la mort de Kenjiss, mais elle ne fut pas certaine que ce soit le cas du jeune homme. Ernie avait ensuite fait de nombreux aller-retour à l’Institut durant les semaines qui suivirent le décès du confrériste pour s’assurer que l’humaine tenait le coup. Tony avait du l’apercevoir mais avait-il compris pour autant qui il était ? D’ailleurs, elle n’était même pas certaine que le jeune homme avait saisi l’ampleur du drame qui s’était déroulé peu avant son arrivée. L’humaine n’ayant jamais prononcé le nom du père de son fils en sa présence. Mais il n’était pas impossible que Tony ait mené sa petite enquête de son côté… Peu de personnes étaient au courant de toute l’histoire au sein de l’Institut, mais il y en avait… A commencer par Virginie, Elie et Samarah, évidemment.

"Ernie Greenfield, c’est un ami qui travaille au Mu-12, la division d’Interpol-X située à Calais, chargée d’étudier les affaires criminelles impliquant des mutants, précisa June. Lui-même a été contacté par son collègue, Neal Shaw, responsable du Mu-8 à Cardiff. D’après lui, les gens commencent à s’agiter et la tension monte là-bas. Surtout depuis hier matin : des affiches ont été placardées partout dans le centre ville. Celles-ci ne proclament qu’une seule chose : FREEM"

C’était peu, mais pour l’instant, ils n’avaient que ça pour démarrer leur enquête.

"Je vous avoue que je ne sais pas du tout à quoi cela fait référence. La foire d’été vient d’être inaugurée à Cardiff Bay et Neal Shaw n’écarte aucune piste. Il a donc envisagé la possibilité d’un attentat là-bas. Après celui du Whalen Show, cela reste une possibilité qu’on ne peut pas négliger. Nous sommes donc chargés de nous rendre sur place et de ‘tâter le terrain’, afin de voir si nous remarquons quelque chose d’étrange, surtout au sein de cette foire"

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Lun 23 Juil 2018 - 13:41



    La jovialité de Tony renforçait le sourire de la jeune femme. Elle avait beaucoup d'empathie et pour une fois cela l'aidait. Elle se rengorgeait de la bonne humeur qui se dégageait de lui. Cela lui confirmait aussi qu'elle aurait pu trouver un interlocuteur solide si elle avait écouté son cœur blessé un peu plus tôt.
    Enfin, Virginie savait qu'elle allait mettre du temps à chasser la tristesse qui lui serrait la poitrine. Le moment venu peut-être se permettrait-elle d'aller quérir de l'aide.

    Elle lui rendait alors un sourire plus affermi. Elle était vraiment contente qu'il soit de l'équipe. En plus de sa joie de vivre c'était quelqu'un de sûr sur le terrain. Elle en avait eu l'expérience.
    En son for intérieure, la jeune femme se promit qu'après cette mission, elle passerait un peu plus de temps ici, avec eux. Peut-être même que Tony serait d'accord pour reprendre des entraînements ? Elle l'espérait.

    * Est-ce que Luc t'a dit qu'il parfait ?* Demandait-elle timidement à Samarah, en croisant son regard. Sans doute une façon indirecte de partager sa peine avec l'une des personnes les plus aptes à la comprendre... La directrice allait-elle venir sur le terrain, elle aussi ?

    Son attention se reportait sur la mère de Caleb. Elle hochait du chef pour lui confirmer qu'elle venait à peine de remettre les pieds dans le pays.

    _ « Je suis rentrée seulement hier matin.  S'excusait un peu la blondinette. Elle n'avait pas prévenu les autres... pour pouvoir se réserver pour Luc. Cette pensée lui contracta les entrailles pendant une seconde. Elle inspirait très discrètement avant de reprendre. Elle ne voulait pas imposer son chagrin à ses amis. « Je suis contente d'être là aussi. J'ai eu peur de vous manquer... »

    La réserve que montrait alors June créait un vent de panique chez Vivi. La simple idée de demeurer seule à l'école, maintenant, lui paraissait comme un calvaire. Pire, une punition, qu'elle n'était pas prête à supporter. Elle savait que cela serait horrible. D'autant qu'elle savait que Treanez avait déjà plié bagage. Que ferait-elle seule ici ?

    _ « Non, non, tout est réglé, je viens avec vous. La rassurait-elle avec un peu trop de précipitation sans doute. Pour achever de convaincre la jeune femme, Parish lui adressait un regard suppliant.

    Fort heureusement, June n'insistait pas et même commençait à répondre à leur question.

    Vivi devient encore plus attentive à la mention d'Ernie, dont elle se souvenait bien. Elle se rendait ainsi compte que cela faisait un bon moment qu'elle ne l'avait pas croisé. En même temps, comme elle passait son temps à aller au quatre coins du globe... Luc avait totalement raison. Cela faisait des mois que Résilience n'était plus vraiment … là.

    Les sourcils blonds de la jeune femme s'inclinèrent. Le contexte était en effet assez propice à la violence. Ils ne seraient jamais trop prudents. Surtout après ce qu'ils avaient déjà subis ces derniers mois, pour le simple fait d'être des mutants. Ils devaient donc aller sur place.

    _ « D'accord. Ernie vient aussi ? On est que trois ? »

    Trois pour couvrir toute une foire, cela risquait d'être un peu juste. Deux personnes en plus pourraient être utiles. Était-ce une affaire que le Fil accepterait de couvrir avec eux ? Virginie songeait à William. C'était typiquement le genre d'enquête dont il était capable. Mais, eux aussi manquait cruellement de main d’œuvre et ils en faisaient les frais bien trop souvent.

    _ « Comment y va-t-on ? »
    Virginie se tournait spontanément en direction du garage. Oui, elle était prête !


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L'amour à la machine... Faite le bouillir.

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Elie Powell

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Lun 23 Juil 2018 - 14:32

---Cardiff---

Au contraire d’Aisling qui semblait avoir quelques soucis de mémoire, Elie s’était fait un devoir de mémoriser l’identité des personnes qu’elle avait croisées lors de ses passages à l’Institut afin d’y associer au moins un visage. Une pratique qui, dans le cadre de sa première fonction, restait primordiale et s’avérait d’une nécessité quasi absolue (il n’était jamais évident d’interroger un élève en le désignant par le très célèbre ‘toi là-bas, deuxième banc en partant de la gauche’ ça ne faisait pas très professionnel !). Mais elle ne s’en offusqua pas et sourit aimablement à la jeune Irlandaise en prenant place en face d’elle.

"Presque ! En fait, c’est plutôt Elie Powell. Mais Amy, c’est pas mal pour un prénom d’emprunt. J’y penserai en cas de besoin !"


Son sourire s’agrandit. Elle le pensait très sérieusement. Lorsqu’elle partait en mission pour le Fil, elle avait certes son nom de code, mais avoir une identité secondaire sous le coude pouvait toujours s’avérer utile. Puis, Elie se rappela que cette partie de ses activités gagnait à ne pas être –trop- ébruitée, aussi, ajouta-t-elle simplement :

"On n’est jamais trop prudent de nos jours !"

Ses mains gantées saisirent la carte des thés et la jeune femme la parcourut rapidement du regard. Son choix se porta finalement sur un breuvage aux baies sauvages intitulé ‘le souffle du dragon’. Une dénomination qu’elle trouva particulièrement appropriée, et pas seulement parce que ses mains projetaient également des flammes. Elie avait pu remarquer au gré de sa promenade en ville l’emblème gallois qui trônait fièrement à chaque coin de rue, ou presque. Elle passa sa commande et la serveuse ne tarda pas à lui ramener sur un petit plateau une théière encore fumante, accompagnée de sa tasse en porcelaine. L’ensemble donnait une impression so british, en effet ! Elle s’empara délicatement de la tasse et la porta à ses lèvres. Malgré son addiction au café, elle du bien admettre que les britanniques savaient y faire en matière de thé. Son ‘souffle du dragon’ était excellent.

Tout comme elle, Aisling l’interrogea sur les raisons de sa présence en ces lieux plutôt inattendus, car –comme l’adolescente l’avait si justement souligné- Elie aurait du normalement être occupée à tout autre chose…Elle débutait son premier cours dans deux jours. Elle reposa la tasse sur la table.

"En théorie, oui… Je devrais m’y préparer, mais j’ai du me rendre à Cardiff pour régler une affaire."


Elle n’entra pas dans les détails, tout ce qui concernait le Fil devait rester le plus discret possible. Et heureusement pour Elie, elle n’était pas une prof débutante et pouvait très bien gérer un premier cours en improvisant deux ou trois petites choses. Ce n’était pas la première fois qu’elle était confrontée à ce genre de situations

"Et au moment où je devais rentrer, j’ai reçu un message de June. Apparemment, il se passe des choses bizarres en ville, mais pour l’instant, je n’en sais pas beaucoup plus. Je l’attends."

Le message de l’humaine avait été assez bref et Elie avait hâte d’avoir davantage d’informations. Peut-être Aisling pourrait-elle commencer à satisfaire sa curiosité ?

"As-tu remarqué quelque chose d’étrange depuis que tu es arrivée ?"

L’adolescente lui confia alors qu’elle était ici pour visiter l’université de Cardiff et Elie ne put que confirmer ce qu’on lui avait dit concernant sa réputation.

"Son département de chimie est l’un des plus développés parmi les universités britanniques. Si tu te destines à une carrière scientifique, cela peut être un très bon choix en effet !"

Les sciences étant son domaine de prédilection, elle ne pouvait que l’encourager dans cette voie.

"Mais peut-être préfères-tu les langues ou la littérature ?"

Dans tous les cas, pour Elie chaque université se valait car ce n’était pas tant la réputation qui importait mais bien la façon dont les cours étaient dispensés et donc, par extension, l’implication du corps professoral ! On pouvait très bien avoir une renommée prestigieuse et une poignée d’imbéciles à la tête des départements, incapables de rendre un cours intéressant !

"Cela dit, si ça peut rassurer ta mère, la plupart des universités à Londres ont également très bonne réputation, quelque soit le domaine d’étude vers lequel tu te diriges ! Je suis sûre que tu trouveras la voie dans laquelle tu t’épanouiras !"

La jeune femme n’ayant nullement conscience des soucis de santé de l’adolescente, évidemment.

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 24 Juil 2018 - 14:58

---Cardiff---

Lorsque Elie la reprit très gentiment sur son identité en essayant d’y apporter une légère touche d’humour dont, bien entendu Aisling ne compris pas le sous-entendu inhérent à celle-ci, la jeune irlandaise ne pu s’empêcher de placer machinalement une main contre son front en laissant sa tête s’abaisser doucement. C’est vrai, elle avait raison… C’était Elie Powell et non pas Amy Boswell… Quelle idiote, se morigéna intérieurement la jeune fille. Mais plus que sa propre stupidité, cette nouvelle erreur fit ressurgir en elle ce doute né il y a quelques semaines de cela. Ce n’était pas la première fois qu’elle commettait ce genre d’erreur, une chose dont elle ne se souvenait pas avoir été coupable avant l’apparition de sa mutation. Une question, aussi bête que terrifiante, avait alors fini par surgir dans son esprit : était-ce un nouveau symptôme de sa condition ? En d’autres mots, est-ce que sa mémoire commençait à dysfonctionner ? Après tout, il n’y avait pas vraiment d’études sur le sujet, alors tout était possible.

C’est en ayant ce genre de pensée, que Aisling se disait que si Samarah était dans la confidence les choses serait bien plus simple. Un petit scan télépathique et hop ! elle verrait immédiatement si sa mémoire était atteinte ou bien si elle était tout simplement auditivement distraite. Bien sur, elle pourrait parfaitement demander à la télépathe de lui faire un petit scan cérébral en prétextant une quelconque raison, comme par exemple la rassurer. Ce serait un peu comme une visite de routine chez le médecin, ou l’on va tout en sachant (ou en souhaitant très fort) que ce dernier finira par vous rassurer sur votre excellent état de santé. Il y avait toutefois deux risque potentiels : premièrement, si le scan susnommée présentait effectivement une quelconque anomalie, Samarah ne s’arrêterait sûrement pas là. Elle voudrait certainement en savoir plus, connaître le fin mot de l’histoire derrière cette anomalie détectée… Deuxièmement, hé bien… En dépit du fait que Aisling aimait Samarah autant que sa propre mère, elle devait bien admettre que la télépathe avait une certaine tendance à la suspicion lorsqu’on s’avisait de lui demander quelque chose sortant un peu de l’ordinaire… Et très peu de gens demandaient volontairement un scan cérébral, c’était un fait.

La jeune irlandaise restait donc avec son doute et, quelque part, son appréhension, tout en espérant vraiment très, très, très, très fort qu’elle était tout simplement d’une distraction absolument effarante.

Délaissant finalement ses sombres pensées, Aisling reporta son attention sur Elie. Celle-ci lui donna une explication concernant sa présence à Cardiff, prétextant une vague affaire, sans doute personnelle. Mais bien que son esprit curieux la poussait à demander au professeur de quelle sorte d’affaire il s’agissait, ce fut plutôt la suite de son propos qui l’intrigua plus en profondeur. Des choses bizarres en ville ? Et qu’est-ce que June venait faire dans cette histoire ?

A l’interrogation d’Elie à propos d’éventuels bizarreries remarqués, Aisling répondit :

‘’Quelque choses d’étrange.. ? Comme par exemple le fait qu’il est presque neuf heures et que les rues sont quasiment vide.. ? Les gens devraient être en train de se rendre à leur travail, on devrait voir une file de voitures parcourir les rues de la ville. Je suis ici depuis huit heures et pourtant je n’ai vu pratiquement personne. Je sais que nous ne sommes pas à Londres, mais tout de même…’’

En tous cas, c’était la seule chose vraiment étrange qui lui avait sauté au yeux. Mais les gens de Cardiff n’étaient pas comme les autres paraît-il, alors allez savoir si ce n’était pas finalement la normalité pour eux. La jeune irlandaise enchaîna ensuite sur les propos de Elie concernant les propres raisons de sa visite à Cardiff et lui répondit :

‘’Pour tout vous dire, j’ai décidé de faire comme ma mère et de suivre des études pour devenir généticienne. Outre le fait que c’est un domaine intéressant, elle pourra sans doute m’aider puisque c’est son métier… Et puis cela lui fera certainement plaisir je pense.’’

Et accessoirement, cela ne lui coûtait pas grand chose étant donné le faible pourcentage de chance qu’elle avait d’arriver au terme des dites études. Alors, autant satisfaire l’ego maternel de sa génitrice, ce serait au moins ça de gagner même si il s’avérait que la pomme était finalement tombé très loin de l’arbre. Puis, comme pour changer de sujet, un sujet malgré tout assez douloureux, Aisling reprit la parole et demanda à Elie :

‘’Que l’institut enquête sur des choses ‘’étranges’’ en ville je peux comprendre, mais pourquoi June se retrouve mêlé à ça ? C’est une non mutante après tout, elle ne devrait pas s’occuper de ça. D’autant plus qu’elle à un enfant maintenant, Elle ne devrait pas prendre de risque en faisant ce genre de chose. Un mutant, il a au moins ses pouvoir pour se défendre en cas de mauvaises rencontres, alors que elle…’’

Le propos de la jeune irlandaise était plutôt sévère, mais vraiment elle ne comprenait pas que quelqu’un qui n’avait pas de pouvoir se mêle d’affaire ou étaient potentiellement impliqué des mutants aux mauvaises intentions. Réalisait-elle seulement que si elle venait à mourir, alors elle laisserait un orphelin derrière elle ? Non, vraiment, risquer ainsi sa vie était stupide au yeux d’Aisling… Et elle lui en tenait particulièrement rigueur, qu’elle avait le choix de vivre ou de mourir, elle, pas comme… Un soupir, célèbre s’il en était, fusa de ses lèvres à demie-closes. Stupide, vraiment stupide, se dit Aisling en reprenant finalement la parole :

‘’J’ai du temps avant de visiter l’université, je peux venir avec vous ? Une paire d’yeux et un cerveau supplémentaire vous seront certainement utile, non ?’’

Et par la même occasion la jeune irlandaise pourrait garder un œil protecteur sur ‘’la maman qui se prenait pour une mutante’’. Certes, son pouvoir ne servait à rien, mais au moins elle en avait un, elle, et cela pouvait toujours servir à créer une éventuelle distraction en cas de problème… Et puis… Quitte à ce que quelqu’un meurt, autant que ce soit quelqu’un qui n’a plus longtemps à vivre.

Sa mère la tuerait elle-même si elle entendait une telle ineptie, c’est certain.
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Tony DiFury

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Jeu 26 Juil 2018 - 21:03

Tony avait noté mentalement l'échange fugace entre Samarah et June, feignant toutefois d'être perdu dans ses pensées pour ne pas rentrer de plein pied sur ce terrain glissant. Même si la perspective d'un accident de voiture était peu réjouissante, il avait l'intime conviction que la brune aux yeux vairons ne choisirait pas cette voie, à plus forte raison si d'autres gens se trouvaient avec elle... Mais il n'eut pas le temps d'y réfléchir d'avantage.

Il ne maîtrisait effectivement pas tous les reliefs de la langue de Shakespeare, mais son oreille aiguisée de musicien décela un trémolo étranglé dans la voix de Virginie. La pauvrette avait l'air aussi droite et solide que d'habitude, mais son timbre et sa diction trahissaient un émoi qui sentait la tristesse. Décidément, c'était la saison des larmes ! Tony eut un léger pincement au coeur : la blondinette était sans conteste l'une des femmes les plus gentilles et innocentes de la planète (Ex Aequo avec Hannah... et Alexia Evans, dans sa catégorie), et ce qui avait put lui causer la moindre peine était une injustice profonde qu'il se jura de réparer, ou au moins, de venger. Mais chaque chose en son temps.
C'est avec un demi rire qu'il répondit à son amie.

"Je sais pas pour les autres, mais ouais, tu m'as manqué."

June leur révéla alors les raisons de leur petite escapade sur la terre natale du légendaire chevalier de la table ronde : Perceval le Gallois (et non pas "Provençal le Gaulois", comme certains ont pu le croire à tort (et le tort tue (oh ! Une mise en abîme dans la mise en abîme ! Ce serait donc... Du troisième degré ? ))).
Si Tony secoua d'abord négativement la tête pour signifier que le nom d'Ernie Greenfield lui était inconnu, la mention du Mu-12 de Calais fut comme un flash: son père avait déjà vaguement mentionné cela au détour d'une conversation anodine sur son travail. Militaire de formation, il avait quitté les rangs des troupes de marine pour rejoindre la gendarmerie à la naissance de son fils, et il y a environ deux ans, il avait été promu adjoint de police judiciaire. Tony n'avait pas fait le lien à l'époque, mais maintenant, il commençait à entrevoir à quoi son père pouvait être confronté.

Ainsi donc, on craignait que la foire d'été de Cardiff soit la cible d'un attentat dans la même veine que celui du Walhen Show... Tony senti ses entrailles se glacer à l'évocation du carnage commis par Louis Désiré, et de la ferveur anti-mutants qui avait suivie. Effectivement, on était loin du péquenot hirsute qui se relève de sa cuite en guelant "PAYS D'GALLES INDÉPENDAAAAANT !!!" . Si l'implication d'un tel monstre ou de mutants du même calibre était avérée, la situation risquait très vite d'échapper à tout contrôle.
Il sera les poings à l'idée d'en découdre avec ce salopard, mais la colère laissa vite place à une vague angoisse. Ce type avait tenu tête à plusieurs membres de la Confrérie réputés pour ne pas être des enfants de choeur; à Virginie qui était quasi invulnérable ; au vieux Nakor capable de contrôler des quantités absurdes de métal; et à la télékinésiste la plus puissante du monde. L'appréhension commençait doucement à faire son chemin...

FREEM ? Cela ne lui disait rien. Qu'est ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Tony se gratta le menton, dubitatif.

"FREEM... il y aurait bien le mot français "frime"... mouais non, c'est pas pertinent... Éventuellement, une abréviation pour "Free Mutants". Mais on est pas plus avancés. En tout cas, ça me dit rien... "

Il haussa le épaules, désolé de ne pas pouvoir éclaircir ce mystère. Il se contenta de rebondir sur la question de Virginie.

"June pensait à Hannah, mais elle n'est toujours pas là... C'est vrai qu'elle est Galloise, si je me rappelle bien, alors elle pourrait savoir ou comprendre des choses utilises. Mais... "

Il hésita.

"Ça n'engage que moi bien sûr, mais je me demande si c'est une bonne idée qu'elle vienne. Si jamais ça bastonne... Je l'aime bien hein, c'est pas ça la question ! C'est juste que... Enfin, ça pourrait être dangereux quoi... "

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**  = en français dans le texte




"We're going out tonight
To kick out every light
Take anything that we want
Drink everything in sight
We're going till the world stops turning
While we burn it to the ground tonight"
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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Dim 29 Juil 2018 - 17:22

June tapota fièrement la décapotable rouge à ses côtés.

"Avec ça ! déclara-t-elle à Virginie. Tous frais payés par la Lib’Corp !" ajouta l’humaine sur le ton de la plaisanterie.

Même si pour l’instant, June n’était toujours pas certaine d’y aller réellement en leur nom. Elle avait accepté d’aider Ernie sur cette affaire, avant tout pour sortir de l’Institut et retrouver finalement l’élément qui lui manquait le plus dans son travail depuis que les évènements l’avaient hissée à la tête de l’organisation : le terrain ! Se retrouver au cœur de l’action, frôler la mort et avoir la sensation que ses actions servaient à quelque chose avaient toujours fournit à l’humaine une dose d’adrénaline fort appréciable. Passer son temps derrière un bureau à gérer de la paperasse et les desideratas des uns et des autres… très peu pour elle !

Mais il n’y avait pas que ça… depuis la mort de Kenjiss, elle ne parvenait plus à s’investir correctement dans son travail. La loyauté qu’avait affichée l’humaine durant toutes ces années envers l’organisation s’effritait dangereusement. Pour une raison qu’elle n’avait cessé de repousser et qui pourtant s’était sournoisement ancrée dans son esprit comme une évidence… Les humains étaient responsables de la mort du tatoué. Toute sa vie durant, June s’était battue pour l’entente entre les humains et les mutants. Sans se poser de questions. Parce que cela lui semblait juste. Mais la mort de son compagnon avait fracassé ses idéaux et tout ce contre quoi elle avait lutté. Tous ses efforts et ses espoirs lui apparaissaient désormais complètement illusoires. L’humaine s’était sentie trahie.

Aujourd’hui, June doutait d’être encore capable de vouer sa vie à la Lib’Corp et défendre une cause qu’elle avait pourtant embrassée avec autant d’ardeur par le passé. Aujourd’hui, sa rancoeur l’avait déjà poussée à avoir de sombres pensées à l’encontre de ses congénères… D’autant qu’un petit être s’était maintenant immiscée dans sa vie. Et pour lui, l’humaine se savait désormais capable de tout. Même du pire s’il s’avérait que cela soit la seule solution pour assurer la sécurité de son fils. Mais elle s’était bien gardée de faire part de ces incertitudes à qui que ce soit dans son entourage. Ironie du sort, l’humaine avait adopté la même attitude que Samarah. A présent, elle aussi portait un masque qui dissimulait son amertume. Il était si facile, finalement, de se cacher derrière un sourire...

Virginie confirma son envie de les accompagner et June en fut ravie. Elle savait qu’elle pouvait compter sur le soutien indéfectible de la jeune fille.

"Ernie nous rejoindra dès qu’il le pourra. Du moins, si les affaires sur lesquelles il bosse pour l’instant le lui permettent"

Et l’humaine espéra vivement qu’il puisse se dégager un créneau. Elle avait besoin de le voir. Peut-être que lui pourrait l’aider à y voir plus clair. Il avait toujours su trouver les mots qu’il fallait quand elle doutait. Encore fallait-il qu’elle trouve le courage de lui faire part des incertitudes qui la rongeaient…
Les réflexions de Tony l’extirpèrent heureusement de ses pensées. June acquiesça.

"Free mutants, j’y ai pensé aussi, mais comme tu l’as dit, ça ne nous avance guère… N’importe quel groupuscule pourrait s’appeler ainsi. Que ce soit un rassemblement de quartier désireux de faire le ménage en bas de chez eux ou bien une secte d’extrémistes. Cela dit, n’écartons pas trop vite cette possibilité. C’est peut-être un groupe naissant…"

L’humaine vérifia son communicateur. Hormis le message d’Elie qui lui confirmait être déjà là-bas, elle n’avait pour l’instant aucune nouvelle d’Hannah. Ce qui sembla rassurer le jeune français. June fronça les sourcils, elle comprenait sa logique mais…

"C’est dangereux, pour chacun d’entre nous. Et peut-être davantage encore pour elle qui n’était pas mutante. Mais l’union faisait également la force. Ne sous-estime jamais l’aide que pourra t’apporter un co-équipier ! Il se pourrait bien qu’un jour il te sauve la vie !"

Et l’humaine parlait en connaissance de cause… Elle s’installa au volant de la décapotable et invita ses nouveaux co-équipiers à la rejoindre. Lorsqu’ils furent tous installés, elle démarra et la voiture remonta l’allée de l’Institut. Au moment d’en franchir les grilles, une sensation de légèreté s’empara de l’humaine et elle déclara joyeusement

"C’est parti !"

Elle en était certaine à présent. Quitter ces murs lui ferait du bien. Peu importe ce qui les attendait !

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-Tellement improbable qu'il a surgit sans prévenir...
Et lorsqu'il a frappé, il était déjà trop tard !
-

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Elaine Hildred

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Dim 29 Juil 2018 - 20:52

Les vacances d'Elaine Hildred, cette période qui s'étendait aussi loin qu'elle le désirait, étaient son moment favori de l'année. C'était l'une des rares occasions pour elle d'échapper aux requêtes incessantes qui pleuvaient sur son assistante, des interview aux photoshoot en passant par une demie douzaine de séries à gros budget. C'était d'ailleurs après le tournage épuisant d'un pilote qui ne serait jamais acheté par quiconque (une histoire d'aventurière blonde à la recherche de trésors antiques, à laquelle elle n'avait rien compris d'ailleurs) et à l'occasion de la livraison de son nouveau bolide qu'Elaine avait décrété qu'elle avait assez travaillé pour le mois. La ZYT 5200 rouge écarlate, petite sœur de la 4800 que Sim et elle avaient détruite, était en tout point semblable à sa prédécesseure si ce n'était une demie douzaine de modifications portant principalement sur la sécurité du bolide et qui avaient quadruplé son prix, qui avoisinait désormais les dix-sept millions de dollars. Trop excitée par la perspective de reprendre le volant, Elaine n'avait guère pris le temps de sélectionner sa garde-robe du jour et avait enfilé le premier ensemble qui lui plaisait avant de quitter son penthouse de la banlieue londonienne. Si l'on exceptait le prix de sa sempiternelle bague en argent, cette monstruosité qui lui fatiguait la main, l'Atomique ne portait guère que quelques milliers de dollars de fringues et de bijoux. Elle était fuselée dans une jupe noire qui ne servait guère qu'à masquer sa lingerie et un bustier d'un blanc virginal dont la fonction était justement de ne rien dissimuler, de sa cambrure irréelle à sa volupté immanquable.

Les premiers rugissements du moteur avaient fait naitre un des rares sourires sincères sur ses lèvres parfaites et elle s'était empressée de débrancher son communicateur pour se consacrer toute entière à son bolide hors de prix. Une heure et sept amendes plus tard, elle entamait d'ailleurs la remontée d'une paisible avenue de Harlow, observant son compteur avaler les kilomètres heures avec une facilité déconcertante, lorsque l'ordinateur de bord détecta l'obstacle qui surgit devant lui et adapta l'allure de la ZYT en conséquence, rétrogradant et ralentissant d'une brève action des freins à azote, une merveille de technologie trop chère pour être standardisée. Sans le moindre à coup, avec la douceur d'une plume atterrissant sur le plus moelleux des matelas, l'écarlate véhicule s'immobilisa à cinq mètres (et sept millimètres, l'ordinateur étant toujours en phase de rodage) de la décapotable tout aussi rouge qu'elle, qui patientait au feu rouge.

Elaine cligna des yeux, éclaircissant très légèrement les hologrammes rose vif qui protégeaient ses yeux du soleil et braqua souplement, garant son bolide à côté de son homologue à l'intérieur duquel elle avait parfaitement reconnu ses vieilles connaissances. On ne pouvait guère lui reprocher de ne pas se souvenir des visages. En dépit d'une capacité de réflexion digne d'un batracien sous acide, Elaine mettait un point d'honneur à se souvenir de tous ceux qui avaient croisé sa route -à supposer qu'ils vaillent le coup-, seule façon de survivre dans le monde de requins où elle barbotait d'ailleurs avec l'aisance d'une sirène. Elle baissa la vitre côté passager, de façon à s'adresser plus commodément à celle dont la tête ornait tous les dossiers sensibles de la Confrérie. Elle sourit à tout le monde à l'intérieur, s'attarda une fraction de seconde supplémentaire sur le p'tit mignon tatoué qu'elle ne connaissait pas encore.


L'institut en sortie, hiiiii ! Z'avez sorti l'antiquité du garage, vous partez où ? M'man June, Virginie, vous m'donnez un bout du costaud ? J'vous le rends, promis !


Si la Confrérie, depuis la mort de Kenjiss, s'était scindée en plusieurs factions plus ou moins avouées, aux conceptions parfois radicalement opposées sur des questions clés, Elaine étaient de celles qui ignoraient volontairement ces conflits internes - auxquel elle ne comprenait rien-. Si elle considérait les inferiors comme une masse grouillante et parfaitement tolérable d'animaux de compagnie, Elaine n'avait que peu de considération pour les planifications parfois génocidaires de certains intervenants.


Dernière édition par Elaine Hildred le Mar 7 Aoû 2018 - 17:00, édité 1 fois
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Miss Lemington

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Dim 29 Juil 2018 - 22:20

Tandis qu’ils parlaient, Samarah demeurait silencieuse. Les bras toujours croisés sur sa poitrine, elle les observait. Au moins June avait bien compris le message quand elle lui avait fait part du fond de sa pensée. Laisser partir l’humaine dans ce qui ressemblait -quand même- très fortement à un piège ne lui plaisait guère, d’autant qu’elle ne serait pas là pour assurer ses arrières. Une première depuis bien longtemps, elle qui avait toujours scrupuleusement veillé à avoir un œil sur son amie. Mais elle ne pouvait pas l’accompagner. Il en avait été décidé ainsi. Lorsque l’humaine était appelée en mission, la mutante assurerait la sécurité de Caleb. La mutante avait accepté, à contre cœur, faute de meilleure solution. Elle croisa le regard de Virginie au moment où celle-ci la contacta mentalement. Elle avait effectivement reçu la visite du jeune Français la veille.

*Il est passé dans mon bureau hier soir, oui.*

Le jeune homme lui avait annoncé qu’il partait, sans plus de précisions. La mutante n’avait rien fait pour le retenir. L’Institut, pour beaucoup n’était qu’un passage dans leur vie. Seuls y restaient ceux qui en exprimaient l’envie ou le besoin. La mutante lui avait fait signer quelques papiers et l’avait regardé partir sans se retourner. Après un silence mental de quelques secondes, elle ajouta à l’attention de la jeune fille.

*Je suis désolée pour toi.*

Consciente de ce qu’il représentait pour la jeune femme, Samarah, mieux que quiconque ici présent, comprenait en effet ce qu’elle ressentait en cet instant. Virginie était l’unique personne au sein de l’Institut qui savait. Depuis sa confession au bord du lac, elle seule connaissait la réelle nature des sentiments que la mutante nourrissait à l’égard de l’humaine. L’ainée n’avait ensuite que très peu vu la plus jeune durant les semaines qui suivirent. Elle la savait fort occupée avec ses activités extérieures et elles n’en n’avaient jamais reparlé de vive voix.  Mais lorsque la mutante croisait par hasard Virginie, cette dernière pouvait lire dans son regard la volonté de maintenir l’accord, presque tacite, conclu ce jour-là de garder sous silence son précieux secret.

*Je sais ce que tu ressens mais je sais aussi que tu es une jeune femme très courageuse et que cet échec ne t’arrêtera pas*


Elle lui adressa un sourire compatissant. En plus d’être courageuse, Virginie était aussi une personne très forte, parfaitement consciente de l’adage : ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort. Lorsqu’elle aurait surmonté le chagrin de sa rupture, celle-ci ne serait finalement qu’un obstacle de plus qu’elle franchirait aisément afin de devenir cette personne formidable que chaque jour contribuait à construire. Avant qu’elle ne monte dans la voiture, le regard de la mutante accrocha une dernière fois le sien.

*Veille bien sur June s’il te plait, je n’ai aucune idée de ce qui vous attend là-bas*


Mais depuis leur dernier –et désastreux- affrontement avec un mutant complètement barge, Samarah s’attendait à tout. Et surtout au pire.

*Sa vie est entre tes mains*

Cet aveu d’impuissance fut difficile pour la mutante mais Virginie comprendrait aisément l’importance de sa requête. Même si cela mettait sans doute un poids supplémentaire sur les épaules de la jeune femme dont la mutante avait parfaitement conscience.

*Soyez prudents* leur lança-t-elle mentalement à tous les trois alors que la voiture s’éloignait.

Quand le bolide rouge disparut à l’angle des grilles, la mutante resta un instant pensive avant de remonter les escaliers. Une vérification mentale lui assura que Caleb dormait toujours. Au moins un qui ne s’en fait pas pour sa mère, pensa Samarah en rejoignant son bureau. Sur celui-ci, l’attendait un plateau garni de frangipanes et une tasse de thé. En plus de June et de son médecin, il semblait que la vieille Olga veillait également à la santé du Cerbère.

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Elie Powell

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 31 Juil 2018 - 2:06

---Cardiff---

Aisling lui fit part de ses observations. Elie aussi avait remarqué que la circulation se révélait bien moins dense ici qu’à Londres. Mais elle ne s’en était pas inquiétée. Pour deux raisons : la première, Cardiff était une ville moins importante que Londres en densité de population et la seconde, en plein mois de juillet, n’était-il pas normal de voir les grandes villes se vider tandis que les habitants partaient en vacances ? Mais l’explication pouvait aussi être tout autre et ce calme matinal devenir relativement suspect. Que lui avait dit June déjà ? Que des affiches avaient été placardées un peu partout en ville… Celles-ci avaient-elles effrayé les habitants au point qu’ils n’osent plus sortir de chez eux ? Et dans ce cas, pourquoi ?

Lorsque l’adolescente lui confirma son choix d’étude, un fin sourire étira ses lèvres. La génétique. Un choix judicieux. En apprendre plus sur sa mutation et les mystères qui résidaient dans leurs gènes… voilà ce qui avait poussé Elie à choisir les sciences comme voie professionnelle.

"Le domaine de la génétique est très vaste et il reste tellement de choses à découvrir encore au cœur de l’ADN, en particulier celui des mutants. Il y a tant de choses que l’on ignore encore ! Qui sait, tu feras peut-être une découverte qui révolutionnera nos connaissances ! D’ailleurs, il me semble que ta mère a travaillé sur différents projets liés au génome mutant, non ?"

Elle n’en n’était plus tout à fait certaine, mais il lui semblait que le nom d’O’Hegarty était apparu dans plusieurs publications, notamment une dans le très renommé magasine Nature, concernant l’échec du vaccin Génésis.

Quand Elie lui expliqua qu’elle se trouvait à Cardiff, en partie à cause de June, elle surprit l’interrogation sur le visage d’Aisling et ne put s’empêcher de sourire davantage lorsque celle-ci lui fit part de ses réflexions. Ah… June. Elle ne la connaissait finalement que depuis très peu de temps, mais elle s’était vite rendue compte d’une chose : en plus du lien de parenté évident qu’elles partageaient, les deux femmes avaient également un caractère assez similaire. Et Elie devinait sans mal ce qui avait poussé l’humaine a accepté cette mission.

"June est quelqu’un qui aime quand ça bouge, elle a besoin d’action. Je crois qu’elle est légèrement hyperactive, plaisanta Elie avant de redevenir sérieuse.  Maintenant, il me semble aussi évident qu’elle a accepté de mettre son nez dans cette affaire par rapport à sa position à la Lib’Corp, c’est une de ses connaissances qui bosse au Mu-12 qui a relayé l’appel provenant initialement du Mu-8 ici, à Cardiff… et accessoirement, je pense que c’est une occasion pour elle de s’occuper l’esprit"

La jeune femme n’en dit pas plus, mais Aisling comprendrait parfaitement ce à quoi elle faisait allusion. Elle avait assisté à l’accouchement de l’humaine, aussi supposa-t-elle qu’elle était au courant de toute l’histoire

"Sans oublier que c’est une sacrée tête de mule, mais ça je crois que tu as déjà pu t’en rendre compte en la côtoyant à l’Institut ! Elle est parfaitement consciente des risques qu’elle encourt, pourtant, ce n’est pas ça qui l’arrêtera"

En cela, l’humaine et la mutante se ressemblaient beaucoup. Elie aussi était du genre à foncer dans le tas sans se préoccuper des conséquences. Mais, à l’inverse de June et si elle avait été dans sa situation, elle n’aurait sans doute pas eu autant d’aisance pour laisser son fils derrière elle, même en étant assurée qu’il était sous très bonne garde. Elie doutait en effet qu’il puisse arriver quoique ce soit à son neveu tant que celui-ci serait sous la protection de la Cerbère. Aisling parut se radoucir dans ses propos et proposa même d’accompagner l’équipe lors de leur mission. Elie sembla réfléchir un instant.

"Ma foi, elle ne m’a pas stipulé que cette mission était top secrète, simplement de rester discrète en l'attendant, alors pourquoi pas ! Peut-être verras-tu quelque chose qui nous échappe"

Après tout, son observation concernant le trafic routier se révélait pertinente…

"Cela dit, si tu nous rejoins, il me semble que tu fais fi de ce que tu lui reproches"

Elie lui lança un clin d’œil. Ce n’était nullement un reproche mais à sa connaissance, Aisling aussi était humaine ! Et donc, à priori, sans défense également face aux dangers qu’ils pourraient potentiellement rencontrer !

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 31 Juil 2018 - 19:54

-- Cardiff –

Hannah déambulait dans les rues de Cardiff, fatiguée et le moral dans les chaussettes. Il fallait reconnaître que ces derniers mois n’avaient pas été des plus reposants. A l’Institut, elle avait travaillé dur pour rattraper le retard qu’elle avait accumulé depuis son départ du Pays de Galles. Elle s’était également entraînée afin de progresser dans la maîtrise de son champ de force, en aboutissant à un petit succès, car à présent, elle parvenait parfois à le matérialiser de façon consciente. Hannah avait aussi fait des efforts pour vaincre sa timidité et essayer de se lier d’amitié avec ses camarades de l’Institut. Et voilà que s’était ajouté à tout cela une crise familiale qui avait amené la jeune mutante à rentrer au pays.

Sa mère avait décidé, du jour au lendemain, de quitter le domicile familial et de tout plaquer parce que « c’était devenu trop dur ». Depuis la découverte des pouvoirs d’Hannah et le départ consécutif de son frère Rhodri, qui avait coupé les ponts avec ses parents parce qu’ils avaient soutenu Hannah au lieu de la rejeter comme il l’espérait, Elena Hugues, leur mère, était tombée en dépression. Deux semaines plus tôt, Elena avait profité d’une absence de son mari, Rhys, pour prendre discrètement la poudre d’escampette, emportant seulement quelques affaires avec elle. Rhys était rentré chez lui le lendemain pour découvrir son épouse évaporée et une note sur la table de la cuisine. Dans cette lettre, Elena expliquait qu’elle ne supportait plus de vivre à l’endroit où sa famille avait éclaté et qu’elle avait besoin de s’éloigner pendant quelques temps pour remettre de l’ordre dans ses idées. Elle enjoignait également à sa famille de ne pas chercher à la contacter tout de suite, en particulier Hannah, parce que sa nature mutante avait fait remonter chez elle des souvenirs douloureux. Lorsque Rhys avait appelé Hannah pour lui apprendre le départ de sa mère, la jeune fille avait été bouleversée. Peu de temps après, son frère aîné, William, l’avait contactée. Tous deux avaient alors décidé de se rendre à Cardiff pour aller soutenir leur père. N’étant pas encore majeure, Hannah avait prévenu l’Institut qu’elle devait s’absenter pour des raisons familiales. William, qui vivait en banlieue de Londres, était venu la chercher le lendemain matin en voiture et ils avaient alors pris la route pour Cardiff. Depuis plusieurs jours, Hannah et William tentaient de réconforter leur père, qui était dévasté. Autant dire que l’ambiance au domicile familial n’était pas précisément au beau fixe. La jeune Galloise aurait bien eu besoin de se changer les idées, d’une façon ou d’une autre.

Pour le moment, elle avait besoin d’un remontant. Arrivée au niveau du château de Cardiff, elle se dirigea vers l’entrée du Bute Park dans l’objectif d’aller boire une bonne tasse de thé au Pettigrew Tea Room. Elle était souvent venue dans ce salon de thé avec ses amis ou William auparavant. Aujourd’hui, elle était seule, mais elle avait justement besoin d’un peu de solitude. Elle se rendit soudain compte qu’elle n’avait pas consulté son portable depuis environ deux jours, l’esprit ailleurs. En se reprochant d’être aussi tête en l’air, elle constata qu’un message l’attendait, de la part de June Appleby, la première personne dont elle avait fait la connaissance en arrivant à Londres.
Citation :
- Reçu appel du Mu-8, virée en perspective en terres galloises, cherche équipe d’intervention, si intéressés rdv demain matin 9h à l’entrée de l’Institut—

Aujourd’hui, 9 h à l’entrée de l’Institut ? Voilà qui allait être compliqué… Etant déjà à Cardiff, Hannah pourrait rejoindre sans trop de problèmes l’équipe d’intervention quand elle arriverait au Pays de Galles. Euh, attendez… une équipe d’intervention ? Pour quel type de mission ? Et pourquoi faisait-on appel à elle ? Elle n’était à l’Institut que depuis quelques mois et n’avait pas encore fait ses preuves. Sentant sa timidité commencer à la paralyser, Hannah rédigea une réponse avant de commencer à tergiverser. On lui avait demandé son aide, elle répondrait présente. Et elle avait justement besoin de se changer les idées.
Citation :
- Bonjour June, excusez-moi pour cette réponse tardive. Je serai des vôtres et vous rejoindrai directement au Pays de Galles, étant déjà sur place. –

En rangeant son téléphone, Hannah se sentit un peu mieux et entra dans le salon de thé. En regardant autour d’elle, elle repéra une femme brune coiffée d’un chapeau et arborant des gants noirs malgré la chaleur écrasante de la journée. La jeune fille reconnut en elle Elie Powell, qui était professeur de sciences à l’Institut. Celle-ci était en pleine conversation avec une jeune femme que Hannah ne reconnaissait pas. Était-elle élève à l’Institut elle aussi ? L’adolescente s’approcha des deux femmes pour saluer Mme Powell : « Bonjour Mme Powell, comment allez-vous ? »

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mer 1 Aoû 2018 - 17:09

-Cardiff-

Aisling acquiesça du chef dans un silence respectueux, lorsque Elie évoqua sa vision de la génétique. Elle avait raison sur tous les points, même si le contraire eu été assez étonnant pour un professeur supposé enseigner, justement, les sciences. Excepté sur un point peut-être, mais il était bien difficile de lui en tenir rigueur. En effet, la jeune irlandaise pourra difficilement faire une quelconque découverte révolutionnaire en ce domaine, étant donné le peu de temps qui lui restait en ce monde. Cela dit, l’idée lui plaisait assez et un léger sourire de satisfaction se dessina sur ses lèvres closes. Il est vrai que ce serait bien d’être à l’origine d’une avancée scientifique capitale, en plus sa mère serait certainement très fière d’elle. Sinéad était une grande scientifique, peut-être pas célèbre parmi le grand public, mais c’était quelqu’un avec qui il fallait compter parmi ses pairs, c’était indéniable… Ou alors, était-ce Aisling qui mettait sa mère sur un piédestal bien trop haut pour elle ? Elle ne pouvait nier une certaine partialité, étant donné que celle-ci était un exemple, un modèle qu’elle avait sous ses yeux depuis sa plus tendre enfance. Il serait exagéré de dire que Aisling vouait un culte à sa mère parfaite, mais elle l’admirait, ça oui. Pour son savoir, pour sa force, pour sa gentillesse, pour sa générosité… Voilà pourquoi, sans doute, la jeune irlandaise se surpris à renchérir sur un thème évoqué par Elie et qui pourtant, lui rappelait douloureusement sa condition :

‘’Vous avez raison professeur, ma mère est une grande scientifique. Je ne sais pas si j’arriverai un jour à sa hauteur, mais en tous cas je suis fière d’être la fille de Sinéad O’hegarty. Ses travaux sur le génome mutant on conduit à de fabuleuses découvertes qui ont trouvé une réelle utilité au sein de l’institut et même au-delà. Sans certaines de ces découvertes des mutants seraient sans doute mort aujourd’hui et cela me rend encore plus fière d’elle. Pour ce qui est du vaccin Genesys…’’

Aisling marqua un temps d’arrêt. En dehors de sa mère, elle n’en n’avait jamais vraiment parlé avec qui que ce soit et être sur le point de le faire lui paraissait soudainement … Etrange. Mais puisqu’elle s’était laissé aller à commencer à en parler, elle ne pouvait plus vraiment reculer sans éveiller un minimum de soupçons, surtout après avoir fait tant d’éloges à sa mère. Alors, elle reprit mais avec un sourire un peu plus empreint de mélancolie :

‘’La encore vous avez raison, elle à consacré énormément de temps à essayer d’enrayer les effets secondaires de ce poison qu’elle à elle-même été forcé d’accepter lorsqu’elle avait à peu près mon âge. Je ne sais pas si vous connaissez le principal effet secondaire du vaccin… Il est cruel, sournois et malheureusement, mortel. Destiné à l’origine à neutraliser les pouvoirs des mutants vacciné, le vaccin s’est finalement révélé n’être que temporaire au grand dam de ses concepteurs. Mais j’imagine que de savoir que les enfants nés de parents vaccinés et qui finissent par déclarer des pouvoirs mutants, meurt de façon extrêmement précoce, doit les consoler un peu de ce qui n’est, finalement, qu’un demi échec pour eux.''

Aisling se tut alors, demeurant longuement silencieuse tout en contemplant distraitement sa tasse de thé à moitié vide.

‘’J’espère que vous n’avez pas été vous-même vacciné… Ou alors que vous ne comptez pas avoir d’enfants un de ces jours.’’

Le propos était rude, tout autant que singulièrement blessant. Mais après tout, Elie avait une trentaine d’années et par conséquent elle devait sûrement être, elle aussi,  une adolescente lors de la vague de vaccination. La jeune irlandaise paraissait peut-être un peu cruelle, mais c’était pour la bonne cause selon elle. En effet, maintenant tous le monde savait, alors plus personne ne pouvait venir pleurnicher sur son sort en disant qu’ils ne savaient pas. La question était donc désormais de savoir si les mutants vaccinés qui n’avaient pas encore d’enfant allait être suffisamment altruiste pour ne pas en avoir en dépit d’une éventuelle envie, somme toute naturelle ou bien… Allaient-ils faire preuve d’un égoïsme certain en tentant le diable et en priant très fort d’avoir des rejetons non porteurs du gène X ?

Aisling c’était d’ailleurs déjà posé la question à propos de sa mère… Si elle avait su pour le vaccin, l’aurait-elle gardé ? Cette question, la jeune irlandaise n’avait jamais osé la poser à sa mère de peur d’entendre la réponse. Elle s’était également posé la question inverse, à savoir préférait-elle être en vie, la, maintenant, ou bien aurait-elle finalement préféré ne pas venir au monde.. ? Difficile question s’il en était.

Elie avait accepté sa proposition visant à l’aider, elle et le groupe qui allait bientôt arrivé à Cardiff , ce qui ravit Aisling. Ce n’était pas qu’elle était particulièrement pressé de risquer la mort à tous les coins de rues, mais au moins pourrait-elle essayer de limiter quelque peu les dégâts. Mais le fait que son interlocutrice cherche des excuses au comportement irresponsable de June irrita fortement la jeune irlandaise qui ne pu s’empêcher de dire :

‘’MU-12, MU-8… Et pourquoi pas MU-13 et MU-14 tant qu’on y est… Parce que j’imagine qu’il doit y avoir un MU-1, MU-2, MU-3, MU-4, MU-5, MU-6, MU-7, MU-9, MU-10, MU-11… Vous dites qu’elle  connais les risques pour elle, mais à-t-elle conscience des risques pour son fils ? Même si je comprends ce que vous me dites, je pense que June est une égoïste qui pense avant tout à elle et qui, visiblement, ne trouve pas de satisfaction à s’occuper de son propre enfant. Désolée d’être aussi intransigeante, mais un enfant est une responsabilité dont on ne se décharge pas sur autrui simplement parce que on a besoin de ‘’s’occuper l’esprit’’.’’

Aisling avait rarement un avis aussi tranché sur les choses, mais elle devait bien avouer que l’humaine faisait preuve d’un égoïsme flagrant à ses yeux. Sa propre mère n’avait pas eu une vie facile à cause d’elle et pourtant, jamais elle ne l’avais confié à qui que ce soit pour ‘’s’occuper l’esprit’’, surtout pas en allant risquer bêtement sa vie. Si jamais Elie envisageait d’éventuelles excuses de sa part, alors elle se mettait le doigt dans l’œil et bien profond même… June était peut-être une tête de mule, mais Aisling était une irlandaise pure souche et les irlandais était tout aussi viscéralement que doublement tête de mule. Ca aussi tous le monde le savais. Quand au retour de bâton à propos du fait qu’une humaine ne devrait pas se mêler aux missions impliquant potentiellement des mutants, Aisling se contenta de répondre tout en affichant un air assuré et en avalant une nouvelle gorgée de son thé :

‘’La différence, c’est que contrairement à June je n’ai pas d’enfant qui risque potentiellement de se retrouver orphelin du jour au lendemain. De plus, à l’inverse d’elle je ne suis pas dans une sorte de croisade idéaliste, je saurais ou m’arrêter en cas de véritable danger… Ce dont je doute qu’elle soit capable pour tout vous dire.’’

Voilà qui était également dit et bien dit ma foi ! Tout de même, le professeur Powell avait vraiment du culot de lui retourner son propre argument après avoir accepté son aide. Si elle n’ignorait pas tout de sa situation réelle, elle pourrait presque lui en tenir rigueur. Quoi qu’il en soit, la jeune irlandaise ne se faisait pas la moindre illusion, elle savait que rien de ce qu’elle dirait ne pourrait faire changer d’avis June… ou même le professeur Powell sans doute.

‘’De plus, je vous rappelle que je vis avec une mutante depuis mon enfance et même plusieurs depuis que nous sommes venus nous installer à l’institut il y a environs dix ans de cela. Alors autant vous dire que j’en connais un rayon sur la dangerosité des mutants.’’

Ajoute Aisling, un peu comme on enfoncerait un clou déjà bien installé dans son trou. June avait peut-être deux fois son âge, mais sur la connaissance des mutants elle avait au moins dix ans d’avance sur elle, au bas mot.

La discussion aurait sans nul doute pu continuer sur sa lancée, si cela n’avait été l’interruption volontaire provoquée par une jeune fille qui était visiblement venu à leur table afin de saluer le professeur Powell. La jeune irlandaise jeta un regard curieux sur  la jeune fille en question. Son visage ne lui était pas tout à fait inconnu, mais pour autant elle n’arrivait pas à mettre un nom dessus. Vu la situation elle en conclu que cela devait être une de ses élèves, peut-être à l’extérieur de l’institut. Encore que… Est-ce que Elie faisait également professeur  dans son autre moitié de mi-temps ? Aisling avait supposé que oui, mais en réalité elle n’en savait absolument rien. Si cela se trouve, le professeur Powell était également strip-teaseuse ou bien encore call-girl ou gogo dancer… Ce serait vraiment drôle, songea finalement Aisling dans une pensée amusée.
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Elie Powell

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Dim 5 Aoû 2018 - 22:26

---Cardiff---

Genesis…Il en avait fait couler de l’encre ce vaccin ! Ou plutôt, ce non-vaccin. Cet échec cuisant hantait encore les extrémistes. S’il n’avait pas eu l’effet escompté, il n’en demeurait pas moins que cette saloperie avait brisé bien des vies mutantes, passées et à venir. Et à bien y réfléchir, Elie avait eu de la chance de passer entre les mailles du filet, connaissant les sombres desseins de sa génitrice…

"Heureusement pour moi, j’ai pu y échapper, oui ! Quant à avoir des enfants un jour…"

La mutante ne s’était jamais vraiment posé la question, sachant qu’avant d’en arriver à ce stade, il fallait déjà –si possible- trouver une personne avec qui elle en ressentirait l’envie. Et jusqu’à présent, cela n’était pas encore arrivé… Sans compter qu’elle avait une vie bien trop instable pour se permettre d’élever un enfant correctement.

"Disons que pour l’instant, avoir un neveu me suffit amplement !"

Aisling défendait avec vigueur son point de vue et par la même occasion l’honneur de sa patrie originelle. N’était-il pas de notoriété publique que la ténacité était l’apanage des Irlandais ? La dureté de ses propos n’effaça pourtant pas le sourire d’Elie qui continuait d’écouter les arguments de l’adolescente. Dans un sens, elle n’avait pas tort. Et une personne censée aurait adopté la prudence de son jugement. Mais June n’était pas –toujours, une personne censée. Cela, Elie l’avait déjà compris. Et elle ne pouvait pas vraiment lui en tenir rigueur non plus. Elle aussi avait, parfois, tendance à réagir au quart de tour sans penser aux conséquences. Elle était néanmoins sûre d’une chose – contrairement à ce que semblait penser la jeune fille et malgré les décisions de June qu’elle jugeait irresponsables- aujourd’hui, l’humaine s’était désormais fixé une limite : rester en vie. Une condition dont elle faisait peu cas avant la naissance de son fils. L’énumération des différents bureaux la fit sourire davantage, elle aussi éprouvait quelques difficultés à y voir clair dans cet entremêlas administratif !

"Je suis sûre que June a parfaitement conscience de la responsabilité qu’incombe le rôle de parent, rassure-toi, même si elle te donne l’impression du contraire en adoptant un comportement qui peut te sembler inadéquat. Tout comme je suis persuadée qu’elle a aujourd’hui une raison plus qu’évidente, elle insista bien sur ces mots, de mettre fin à une mission si le besoin s’en fait sentir"


Elie n’était pas dans la tête de sa sœur mais c’était pour elle une évidence. Certaines personnes n’étaient pas faites pour être parents (il y avait suffisamment d’affaires sordides pour le rappeler) mais elle était persuadée que ce n’était pas le cas de June. Même avant qu’elle ne se présente à l’Institut pour oser la rencontrer, elle l’aurait affirmé. Elle l’avait suffisamment surveillée et épiée. Pire encore, elle avait épluché sa vie pour apprendre à la connaitre, au moins à distance. L’humaine était une personne qui se souciait du bien des autres. Elle ressentait ce besoin viscéral de venir en aide aux plus démunis. Même sa maternité tardive ne semblait pouvoir l’en empêcher, malgré la plénitude que lui apportait son nouveau rôle de mère. Mais Elie était certaine qu’en plus de ses amis, la priorité de l’humaine serait désormais et avant toute autre chose, son fils. Ayant vécu comme une orpheline, June ne laisserait pas Caleb subir le même sort et grandir sans repères.

"Ne pas pouvoir veiller sur Caleb en permanence lui coute énormément, mais elle sait qu’elle le laisse entre de très bonnes mains.
La mutante eut un regard entendu. June ne confierai pas aussi facilement la sécurité de son fils au premier venu. Je suppose que cela facilite un peu les choses d’avoir quelqu’un sur qui compter en pareille circonstance…"

Cela rendait peut-être le sentiment d’abandon plus ténu en sachant que l’on pouvait confier les yeux fermés le fruit de ses entrailles, son trésor le plus précieux, en toute confiance.

Il y eut pourtant un argument contre lequel Elie n’était pas d’accord. Aisling affirmait en connaitre un  rayon en matière d’affaires mutantes et surtout de leur dangerosité, arguant du fait qu’elle vivait auprès d’eux depuis sa plus tendre enfance. Le sourire d’Elie se fit plus mutin quand elle affirma :

"C’est aussi le cas de June ! Sauf qu’elle n’a pas été élevée par une mère mutante, ça, je te l’accorde."

Le ton de sa voix s’était quelque peu durcit en évoquant sa génitrice. Si Elie pouvait affirmer sans hésiter que leur mère n’était pas mutante, elle ne savait en revanche rien du côté de son père, pas plus que l’intéressée d’ailleurs. Peut-être June avait-elle un père mutant ? Cela dit, ne pas avoir d’ascendance mutante certifiée, ne l’avait guère empêchée d’en côtoyer de près.

"En revanche, au niveau dangerosité… il me semble qu’elle n’a pas laissé sa part aux lions !"

Si Aisling vivait parmi eux depuis toujours, l’humaine avait fait l’une de ses premières rencontres mutantes -et sans doute la plus marquante de toutes !- durant son adolescence, bien avant que la jeune fille ne vienne au monde. Et depuis ce jour, de par ses relations ou par l’intermédiaire de son travail, les mutants ne gravitaient jamais très loin de l’humaine. Elle était même devenue la compagne d’un certain tatoué… Il ne faisait aucun doute, pour Elie, qu’aux rayons des affaires mutantes, June rivalisait sans peine avec Aisling.

"Nous savons toutes les deux qu’elle a parmi ses relations des connaissances très haut placées parmi les mutants"

Même si au moins l’une d’entre elle, et non des moindres, était aujourd’hui décédée.

L’humaine supposée et la mutante furent soudain interrompues dans leur discussion lorsqu’une adolescente se présenta face à Elie pour la saluer poliment. Celle-ci la détailla rapidement, essayant de se souvenir où elle avait déjà aperçu ce visage. Elle fouilla mentalement son fichier de reconnaissance morphologico-nominatif et son prénom lui apparut dans un éclair, en même temps que les conditions de leur première rencontre. Ainsi donc, cette timide demoiselle avait été réquisitionnée par l’humaine pour cette mission ? Elie songea qu’elle était bien jeune mais June devait savoir ce qu’elle faisait…

"Bonjour Hannah ! Je vais bien et toi ? Nous discutions, Aisling et moi, en attendant le reste de l’équipe. Ils ne sont pas avec toi ?"

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Mar 7 Aoû 2018 - 16:52



    Tony était parvenu à faire sourire la jeune femme sans qu'elle n’eut l'impression de faire un effort. Elle sentait un peu de plombs disparaître de ses épaules.

    June était venue bien équipée. Virginie lançait un bref regard en direction de la voiture flambant neuve. Elle était un peu étonnée, en fait, elle n'avait pas imaginé que son amie aimait ce genre de voiture, c'est à dire rutilante et rapide comme des voitures de courses.

    Mais enfin, cela permettrait à la blondinette de faire un tour en décapotable et c'était déjà ça de distrayant. Il fallait toujours des éléments de plaisir quand on partait pour affronter les mauvais. C'était ce qui permettait d'alléger la pression. Parish avait appris à quel point c'était important depuis qu'elle enchaînait ses actions avec le Fil.

    _ « Oh d'accord...  »

    Ils partageaient ensemble des suppositions qui auraient éventuellement pu les aider à entrevoir tous les enjeux. Même sans avoir toutes les clefs, Virginie avait l'intuition que la mission était aussi risquée que toutes les autres. Pour le moment, elle le gardait pour elle. Elle se disait que son humeur devait aussi jouer sur sa façon de voir les choses. Elle espérait d'ailleurs, de tout son cœur, se tromper. Qu'ils reviendraient dans deux ou trois jours ici après avoir passé un bon séjour. C'était sans doute un peu utopiste. Mais, tant pis, cela lui ressemblait bien.

    _ « Encore un autre... Il y en a déjà bien assez comme ça.  » Soupirait Vivi.

    La sollicitude de Tony à propos d’Hannah fit sourire Virginie. Elle reconnaissait bien le jeune homme dans ce genre de réaction. Il faisait toujours attention aux autres. C'était un très de caractère qu'elle aimait chez lui, comme d'autres.

    Pour sa part, elle n'aurait découragée personne à se joindre à l'équipée galloise. D’ailleurs la réponse de l'humaine donnait assez bien son ressentie. Néanmoins, elle se permettait d'ajouter, pour appuyer les recommandations de Samarah :

    _ « Si ça devient trop risqué, on battra la retraite, de toute façon, non ?  » Demandait-elle, en forçant son regard entendu sur June.

    Vivi adressait un regard entendu à la directrice de l’Institut avant qu'elle ne s'éloigne. Bien sûr, elle avait tout entendu dans son esprit. Elle était consciente qu'en plus d'être une oreille amicale, Sam' était également une femme qui savait exactement ce qu'elle traversait. Ce n'était pas réconfortant. Mais cela permettait de mettre un peu plus de distance avec la peine. Car, enfin de compte, tout les êtres humains souffraient. Virginie ne devait pas l'oublier.

    La joyeuse bande se mettait ainsi en branle pour leur mésaventure. Parish se faufilait à l'arrière pour prendre la place la plus au fond de la banquette. Elle se collait bien contre la paroi pour prendre le moins de place possible. C'était une préoccupation qui n'était pas très utile, étant donné qu'ils étaient peu. Mais, cela aussi, lui ressemblait bien. Avec un sourire pour Tony la demoiselle passait sa ceinture de sécurité.

    A peine avaient-ils démarré, qu'une certaine Elaine Hildred venait de se garer juste à côté de leur véhicule. Vivi l'observait de sa place. Elle n'avait pas revue la mutante depuis un bon moment. Un petit sourire se dessinait sur ses lèvres. L'énergie de cette fille avait toujours beaucoup déstabilisé et plut à la blondinette. Levant la main à sa mention, Parish lui adressait un salut silencieux. Pour ce qui était de répondre aux questions par contre, elle laissait la cheffe décider des réponses à apporter.


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L'amour à la machine... Faite le bouillir.

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Tony DiFury

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- June Appleby
- Samarah Lemington
- Hannah Hughes
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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Dim 12 Aoû 2018 - 8:29

June sembla se méprendre sur les intentions de Tony, lui répondant par un petit sermon sur la confiance, l'entraide et le pouvoir de l'amitié. Le français haussa les épaules et tenta de se justifier en bredouillant.

" Heu, non... Je voulais pas dire... C'est juste que... "

Et puis finalement, il se rendit compte qu'il ne saurait pas comment expliquer en Anglais sa pensée en moins d'une heure et demie à la jeune maman. Il se contenta donc de pousser un long soupir, baissant les bras devant cette tâche insurmontable, résolu à passer momentanément pour un connard arrogant.
Au moins Virginie semblait - elle avoir saisit la sollicitude du Français ( qui n'avait pensé qu'à épargner la jeune Galloise), et sa question purement rhétorique mit un point final à la discussion. Évidemment, si les choses devenaient trop dangereuses, les mutants (et l'humaine ! ) se replieraient.
Le sourire du petit fantôme blond lui court circuita un fusible au niveau du lobe pariétal droit, ce qui faussa légèrement sa perception des distances et fit qu'il se cogna le genou contre la portière de la décapotable. La douleur le ramena à la réalité et, vaincu, il embarqua sur le siège passager ou il demeura silencieux.

Quelques minutes plus tard, à la faveur d'un feu rouge, un vrombissement sourd vint chatouiller les tympans de Tony qui, intrigué, releva la tête tel un chien aux aguets. Dès que le bourdonnement gagna en intensité, et bien avant que son auteur ne soit visible, le grand blond identifia le chant d'une grosse cylindrée trop puissante et trop chère pour être possédée par le commun des mortels. Et effectivement, la fusée qui surgit dans le dos des mutants à une vitesse vertigineuse pour venir se poser souplement à côté d'eux, arracha un sifflement d'admiration au grand punk. Une ZYT 5200, rien que ça !
Et sa mâchoire se décrocha littéralement à la vue du véritable canon qui était aux commandes de cet avion de chasse. La blonde à la plastique parfaite s'adressa directement à June et Virginie comme si elles étaient de vieilles amies, ce qui ajouta à la confusion de Tony qui ne savait toujours pas sur laquelle des deux apparitions il devait fixer son regard : la fille ou la voiture ?

Tout s'était passé si vite que ce marasme l'avait empêcher de bien comprendre la fin de la phrase de l'archange platinée. Aussi, devant son regard qui le scrutait de pied en cap en s'attardant sur son biceps tatoué, Tony essaya tant bien que mal de ne pas passer pour un idiot.

" Euuuuuuh Madame Bonjour ! ..."

Ce qui s'échappa de sa bouche ensuite fut un flot d'onomatopées plus ou moins articulées et à consonance bien française. La loose à l'état pur. Il se rendit alors compte que le sourire qu'il affichait devait avoir l'air particulièrement con, et que son cerveau affichait un magnifique écran bleu : il était hypnotisé, et il n'y avait plus guère désormais qu'un démarrage de June ou un coup sur le crâne de la part de Virginie pour le sortir de cet état.

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**  = en français dans le texte




"We're going out tonight
To kick out every light
Take anything that we want
Drink everything in sight
We're going till the world stops turning
While we burn it to the ground tonight"
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Profession : Sous-directrice de la Lib'Corp
Affinités : Compagne d'un certain tatoué décédé. A présent mère de son fils, Caleb
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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Ven 17 Aoû 2018 - 3:32

Son communicateur vibra à la réception du message. June y jeta un œil et avertit les autres occupants

"Hannah sera finalement de la partie ! Il semble qu’elle soit déjà là-bas, elle nous attend"

Parfait !

Comme leur avait rappelé Tony, la jeune fille était d’origine galloise et ce détail avait, en partie, motivé l’humaine pour lui proposer de rejoindre l’équipe. Avoir quelqu’un qui connaissait le terrain était un atout non négligeable ! Elle n’eut, de plus, pas spécialement conscience d’avoir froissé le jeune homme en lui donnant l’impression de lui faire la morale. Elle ne voyait que le côté pratique de leur affaire.
Virginie sembla s’inquiéter des décisions de June en cas de complications, aussi l’humaine rassura la jeune femme

"Evidemment ! Même si je ne le parais pas tout le temps, je suis quand même un minimum responsable et je ne tiens pas à vous mettre inutilement en danger"


Un feu qui vira au rouge à la sortie d’Harlow leur imposa une première halte. Perdue dans ses réflexions au sujet de ce mystérieux Freem, June ne vit d’abord pas la ZYT 5200 qui pourtant ne passait pas inaperçue si on en croyait le regard ébahi des quelques passants qui profitaient de l’arrêt forcé du bolide écarlate pour l’admirer sous toutes ses coutures, la langue presque pendante. Ce n’est que lorsqu’une voix l’apostropha qu’elle quitta des yeux le feu. Ceux-ci se posèrent d’abord sur le véhicule venu se coller juste à côté de la leur, avant de remonter lentement vers la femme au volant du véhicule dont le seul prix aurait suffit à nourrir pendant plusieurs mois des populations sub-sahariennes. Pourtant, ce ne fut ni la beauté du bolide ni celle de sa conductrice, indéniable, qui retint son attention alors que son cœur ratait un battement dans sa poitrine.

Institut en sortie…M’man June... Virginie…

Cette femme les avait interpellés d’une façon qui ne lui plu guère. Très peu de personnes étaient au courant de sa récente maternité, encore moins ce qu’elle sous-entendait. Tout comme la plupart ignorait sa retraite actuelle au sein de l’Institut. Le fait qu’une parfaite étrangère -à la plastique tout aussi parfaite, il fallait le lui laisser, à défaut de reconnaitre en sa personne la célèbre mannequin Hildred- lui sorte du M’man June ne pouvait signifier qu’une seule chose : cette femme la connaissait. Pire encore, elle semblait connaitre Virginie alors que son visage demeurait inconnu au bataillon de ses souvenirs. Elle ne l’avait pas croisée à la Lib’Corp, elle en était certaine – cela dit, elle n’y avait plus mis les pieds depuis un bail. La liste des possibilités diminuait. Où cette femme pouvait-elle les avoir aperçues sans qu’elle ne s’en souvienne ?

La réponse était évidente…

A la Confrérie, aux funérailles de son amant, l’humaine, écrasée par le poids du chagrin, ayant fait une abstraction totale des gens qui s’y trouvaient également. Il y avait donc de fortes chances que cette femme ait vu June ce jour-là, accompagnée de Virginie qui avait également fait le déplacement pour la soutenir. Depuis la révélation de la relation que leur ancien patron entretenait avec elle, le nom même de l’humaine avait du devenir LE sujet sensible number one et sa tête, LA cible à éliminer, par tous les moyens. June eut un rire amer.

Pour autant, l’humaine ne laissa rien paraitre de son trouble et son regard se posa sur le jeune Tony alors qu’Elaine le dévorait des yeux. A l’instar de Tony, qui s’était irrémédiablement perdu dans le -trop- profond décolleté de la jeune femme ! La scène aurait presque pu être drôle si June ne ressentit pas soudain ce micro-sentiment de danger potentiel rôder au-dessus de leurs têtes. Si cette femme était réellement confrériste, elle était bien loin du Canada… Hasard ? Coïncidence ? Que leur voulait-elle ?

"Ce jeune homme est majeur et vacciné, déclara June, il est donc libre de choisir ses fréquentations. Cela dit, je n’ai pas souvenir de vous avoir déjà rencontrée"

Elle se tourna vers Virginie et, avec un regard insistant (du genre c’est qui celle-là ?), elle continua :

"Visiblement, vous vous connaissez… tu nous la présentes ?"

........................................................................................................................................................................................................

-Tellement improbable qu'il a surgit sans prévenir...
Et lorsqu'il a frappé, il était déjà trop tard !
-

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Elaine Hildred

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MessageSujet: Re: [Un été gallois] Ven 17 Aoû 2018 - 16:40

Elaine s'adorait, c'était une évidence, mais il y avait peu de moments où elle s'aimait davantage que lorsqu'elle croisait le regard béat, le sourire niais et la langue pendante de ceux qui l'admiraient. C'était ces instants où elle vampirisait la moindre miette d'attention, où elle absorbait tous les regards qu'elle se sentait plus vivante que jamais. Et, à défaut de langue pendante, le regard que lui jetait le seul passager mâle de la décapotable suffisait tout à fait à son plaisir. Délicatement, elle détacha son regard de sa proie, battant de ses longs cils impeccables avant de lui envoyer un lent clin d'oeil sulfureux, agrémenté d'un léger frémissement de ses lèvres d'un rouge carnassier.

Puis elle reporta son attention sur la conductrice qui faisait mime de ne pas la connaître, ce que l'Atomique ignora avec indulgence. Lorsque l'on approchait la quarantaine, qu'on sentait sa beauté -déjà irrémédiablement endommagée par une reproduction réussie- se faner, ses seins tomber, sa cuisse mollir et l'admiration d'autrui se transformer en compassion, il était naturel de tenter d'attenter à l'égo de la reine inconstetée. Magnanime, elle lui sourit avant de reprendre la parole.


Darling, Elaine était née en Angleterre mais ses tentatives d'accent british restaient risibles, voire racistes. Je suis Elaine Hildred. La porte parole de la Confrérie moderne, si on n'veut parler que de notre milieu très fermé.

Sans aller jusqu'à qualifier de subtiles les tentatives de la blonde platine d'éviter d'évoquer à haute voix leurs mutations, elles étaient infiniment plus délicates que ce qu'elle aurait pu hurler sur les toits quelques mois auparavant, fruit d'un long et patient travail de mise au point des institutions confréristes, bien conscientes que l'énorme avantage d'avoir mademoiselle Hildred en tant que représentante officielle de la Confrérie était contrebalancé par d'énormes inconvénients.

L'Atomique leva aussitôt une main aux ongles acérés, agrémentée d'un énième sourire à lui seul responsable d'une partie du réchauffement climatique.

Pas de panique, je suis en vacances mes beautés ! La Confr' sait même pas où je suis !

C'était probablement faux, bien évidemment mais Elaine n'avait jamais eut besoin de forcer son ignorance. Elle continua sur sa lancée, avec l'effronterie dont elle savait si bien se servir dans ce domaine relationnel où elle excellait tant, avec cet instinct qui lui soufflait que Virginie allait récolter les fruits de la colère qu'elle pressentait chez June.

Virginie, c'est une amie m'dame Appleby ! Jlui ai envoyé tout plein d'robes pour m'excuser d'être une connasse avec elle !

Elle ne s'attendait pas à ce que la jeune mutante porte l'un de ses innombrables cadeau, mais cela ne l'avait pas empêchée de lui envoyer l'équivalent de trois mois de salaire de fringues. Puis elle baissa la voix, activa d'une oeillade les hologrammes mattes qui empêchèrent les passagers de la décapotable rouge d'apercevoir le coup d'oeil vicieux qu'elle jeta à Tony, visible seulement de June.

Pas de souci ma beauté, j'ai compris l'message, cligne de l'oeil si tu veux le croquer, le mignon, jte laisse ! Je m'en trouverais un autre. J'comprends, tu les aime musclés, tatoués, y a de quoi faire !

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